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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:12
19 mars : les cérémonies du cessez-le feu raniment quelques rancœurs

(article paru sur le site TSA le 17 mars 2016)

19 mars : les cérémonies du cessez-le feu raniment quelques rancœurs

L’anniversaire du cessez-le feu du 19 mars 1962 continue d’alimenter des rancœurs nostalgiques dans l’extrême droite française, notamment avec l’annonce de la participation de François Hollande aux cérémonies commémoratives qui se dérouleront à Paris après-demain. « Le Président de la république, en participant aux commémorations du 19 mars 1962, va porter atteinte à la mémoire des anciens combattants Français, harkis et rapatriés de la guerre d’Algérie.» s’indigne Louis Aliot, député européen du FN et compagnon de Marine le Pen, commémorer le 19 mars 1962 constitue une insulte pour tous, militaires, harkis, et civils de toutes origines et de toutes religions tombés pour la France avant et après cette date ». Que va faire cette année, Robert Ménard, le maire de Béziers ? Cet oranais au parcours chaotique, de la ligue communiste dans sa jeunesse, à la fondation de « reporters sans frontières » pour finir comme vif soutien de Marine Le Pen, avait mis l’an dernier les drapeaux en berne et débaptisé dans sa ville, la rue du « 19-mars-1962 » pour la nommer rue du « commandant Hélie Denoix de Saint-Marc », un résistant, déporté à Buchenwald, devenu militaire de carrière et qui avait pris une part très active au putsch des généraux du 21 avril 1961.

Le cessez-le-feu anime toujours la colère de Pieds-noirs comme Manuel Gomez, ancien journaliste à la Dépêche d’Algérie : « Entre le 19 mars et le 5 juillet 1962, ce fut une hécatombe : plus de 5.000 enlèvements ; 1.165 civils assassinés ; 1.773 disparus ; plus de 60.000 harkis massacrés ainsi que leurs familles » écrit-il sur son site Dreuz.info, interpellant les pouvoirs publics français, « Le 19 mars 1962, le chef de l’état français et son gouvernement ont “signé” un crime contre l’humanité. Un demi siècle plus tard, ne soyez pas leurs complices ! ».

Le Putsch des généraux et l’OAS

Ce vieux pied-noir oublie comme les proches de Marine le Pen oublient de citer dans leurs communiqués, le « putsch des Généraux » d’avril 1961 qui failli faire entrer la France dans une véritable guerre civile. Quatre généraux s’installent à la tête de ce noyau, fin mars. Il s’agit d’Edmond Jouhaud, Jacques Faure, André Zeller et Paul Gardy. Ces officiers supérieurs installent le général Maurice Challe à la tête de leur conspiration.. L’Organisation Armée Secrète est elle, née au début de 1961, en Espagne, dans un groupuscule où apparaissent le général Salan, le député Pierre Lagaillarde, les activistes Jean-Jacques Susini, Joseph Ortiz, le docteur Lefèvre… C’est après l’effondrement du putsch, d’avril 1961, qu’elle devait atteindre à la notoriété en Algérie avec de multiples exactions contre la population civile algérienne et en France avec quelques attentats spectaculaires : plus de 180 plasticages en janvier-février 1962, et, en point d'orgue, la « nuit bleue » du 17 janvier, où 18 attentats secouent Paris.

L’OAS avait pour objectif de faire avorter le processus d’indépendance de l’Algérie, lequel processus avait été rendu irréversible suite à l’internationalisation de la question algérienne, quand l’ONU reconnait à l'Algérie le droit à l'autodétermination, le 20 décembre 1960.

On peut analyser l’apparition de l’OAS comme l’un des réactions radicales du désespoir qui avait saisi la communauté des Français d’Algérie, quelques 900 000 personnes dont beaucoup n’avait que peu de relations avec la métropole. Cette communauté s’était sentie abandonnée par la classe politique française tant par les dirigeants de la IVeme république, conservateurs radicaux qui et socialistes qui avaient tous promis « l’Algérie française » que par le Générale d Gaulle qui fonda la Vème, et qui avait déclaré, lors de sa première visite en Algérie en août 1959 : «moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l’Algérie». Il changea vite d’avis et annonça dans un discours de septembre 59, son option pour une libre-auto-détermination en Algérie.

Le Sahara et les Harkis

Le poids du vote algérien (plus de neuf millions en 1961) ne laissait aucun espoir aux Pieds-noirs et rendait inéluctable l’indépendance. Que visait donc l’OAS ? Jean-Jacuqes Susini, qui fut l’un des ses rares théoriciens, espérait une sorte de partition du pays, avec une concentration des pieds-noirs à l’ouest de l’Algérie. Ces projets étaient partagés par une partie de l’exécutif français. Pour des raisons plus prosaïques : l’accueil d’un million de réfugiés inquiétait (déjà !) et surtout pour le pétrole ! Les négociateurs français avaient donc tenté de dissocier l’indépendance algérienne Algérie du statut de sa partie désertique mais en juillet 62 la France accepta la la souveraineté du FLN sur le Sahara. 64 ans après, ces évènements paraissent lointains mais les écorchements sont encore très sensibles : « C’est en 1999, avec le gouvernement dirigé par Lionel Jospin, que la guerre d’Algérie a été enfin reconnue et nommée sur la scène culturelle et politique. Aujourd’hui une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a la place pour un regard lucide, responsable de notre passé colonial et un élan confiant vers l’avenir, écrivait François Hollande le 19 mars 2012 dans El Watan, je pense également aux harkis, condamnés par l’Algérie et rejetés par la France, qui ont endurée un interminable calvaire et ont été abandonnés dabs des camps qui devaient être provisoires. La France leur doit respect et reconnaissance de son abandon ». Peut-être des mesures les concernant seront-elles enfin annoncées le 19 mars prochain ?

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:04
Syrie : retrait partiel des Russes, et peut-être pas définitif

(article paru sur le site TSA le 15 mars 2016)

"Les militaires russes ont accompli leur mission en Syrie et inversé la tendance dans la lutte contre le terrorisme international," a annoncé le Président Russe le 14 mars au soir. Créant une vraie surprise, Vladimir Poutine a ordonné mardi le retrait de la majeure partie du contingent militaire déployé en Syrie et dont les milliers de raids aériens ont permis à l’armée syrienne de reprendre l’avantage sur le terrain. L’annonce, après un entretien téléphonique entre Poutine et Assad (qui n’a pu qu’entériner l’affaire), intervient au moment où débute à Genève un nouveau cycle de négociations entre représentants du régime et de l’opposition. Un premier groupe d'avions de transport et de bombardiers russes s'est envolé vers la Russie. Une partie des 6000 soldats russes pourraient faire de même. Mais Moscou garde ses bases et possède surtout la capacité de mener des bombardements massifs sur la Syrie, depuis son propre sol.

A New York, l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a indiqué que la diplomatie russe avait reçu l'ordre "d'intensifier ses efforts pour aboutir à un règlement politique en Syrie". Ce départ partiel des troupes russes intervient alors que l’on s’apprête çà célébrer le cinquième anniversaire de la guerre en Syrie, qui a débuté en mars 2011. Ce conflit qui a fait 220 000 morts et crée un vaste mouvement de réfugiés, a vu un soutien croissant de la Russie à Bachar el-Assad.

Une trêve qui reste fragile

L’annonce du retrait russe a donc pris tout le monde de court à Genève, à commencer par la délégation de l’opposition syrienne. A priori, celle-ci devrait profiter du retrait russe, mais les délégués du Haut Comité des négociations (HCN) veulent rester prudents. Le Conseil de sécurité de l’ONU a diplomatiquement salué la décision de Moscou. Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran a même souligné qu’il s’agissait d’une première étape qui contribuerait à la trêve…

Fin février, la Russie et les Etats-Unis ont en effet convenu d'un cessez-le-feu en Syrie à partir du 27 février à minuit. Toutes les parties belligérantes devaient confirmer à la Russie ou aux Etats-Unis, au plus tard le 26 février à midi, qu'elles respecteraient le cessez-le-feu pour ne pas être prises pour cible par les militaires russes et syriens ou par les forces de la coalition internationale. Les frappes contre Daech, le Front al-Nosra et d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu se poursuivent néanmoins.

Les négociations qui se sont ouvertes à Genève butent pour l’instant sur un obstacle majeur : le sort réservé à Bachar el-Assad et plus largement à l’ensemble des communautés et composantes politiques qui le soutiennent. Son départ est exigé par l’opposition comme un condition essentielle à la recherche d’une solution politique, Bachar el-Assad propose de son côté de piloter la phase de transition qui doit déboucher sur des élections générales, voire sur la constitution d’un gouvernement d’union nationale que lui-même ou l’un de ses proches piloterait.

Les différents calculs de Poutine

Des diplomates occidentaux ont émis l'hypothèse que Vladimir Poutine est peut-être en train de mettre la pression sur Bachar al-Assad pour qu'il accepte un accord politique plus réaliste. Moscou prêche de son côté par la constitution d’un état fédéral en Syrie, où les deux camps (pro-Bacher et opposition) auraient chacun leurs zones d’influence.

Après avoir frisé la catastrophe, Damas est considérablement renforcé sur ses positions au terme de ces presque six mois d’interventions de son allié russe. Daech recule dans le pays, et surtout, Alep, seconde ville de Syrie, pourrait passer dans les mains de l’armée syrienne. Mais la fin ou la réduction sensible de l’appui militaire russe pourrait inverser significativement les rapports de force.

D’autres raisons peuvent expliquer le retrait décidé par Vladimir Poutine : tout d’abord la guerre coûte cher à une Russie qui n’est pas dans une grande forme économique : entre 2,2 et 3,6 millions d’Euros par jour, selon Libération. Le conflit qui connait actuellement une trêve peut redémarrer à tout moment et le Russie, qui se souvient de l’Afghanistan ne veut pas s’embourber dans une guerre interminable.

Vladimir Poutine envoie peut-être aussi une pique à Washington. Les Etats-Unis avaient commencé par fortement critiquer l’intervention russe puis ont semblé s’y résigner voire même en voir les bons côtés puisque Daesh est devenu pour la grande puissance, le principal ennemi dans le Moyen-Orient. Enfin, Moscou, mis au ban des nations après le conflit ukrainien, a déjà regagné une influence internationale avec cette intervention militaire.

Mais il est possible également que le retrait partiel des forces russes ne soient qu’une « fausse sortie ». L’échec des négociations de Genève, « où il n’existe pas de plan B » selon le représentant de l’ONU dans celles-ci, relancerait quasi immédiatement la guerre civile. D’autant que Daesh, a annoncé, dès la nouvelle du retrait russe, une nouvelle offensive de l’organisation djihadiste. Le Front al-Nosra tiendra sans doute le même raisonnement. Dans une telle hypothèse de fin de trêve, une nouvelle intervention militaire russe, certes coordonnée avec l’armée américaine, apparaitrait alors comme l’unique porte de sortie de cet interminable et violente guerre civile. A suivre.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:00
Elections allemandes : une vague anti-réfugiés

(article paru sur le site TSA le14 mars 2016)

Des élections régionales partielles se sont déroulées dimanche, en Allemagne. Trois länders sur les 16 régions allemandes renouvelaient leur représentation. Ces scrutins se déroulaient dans une atmosphère particulière : le pays a été ces dernières semaines vivement secoué par les polémiques sur l’accueil des réfugiés syriens. Angela Merkel qui disposait d’une forte popularité auprès des électeurs allemands, avait prêché pour un accueil très large de son pays des migrants fuyant les zones de combat mais elle avait également milité pour que l’ensemble de l’Union européenne accueille sur la base de quotas par pays le maximum de réfugiés. Les sondages révélant une opposition des Allemands, la chancelière avait opté pour une position plus prudente, négociant il ya une semaine un accord avec la Turquie pour le retour dans ce pays de réfugiés entrés « illégalement » en Allemagne. Cela n’a pas suffit. Les Allemands ont sanctionné l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel dimanche, rejetant sa politique d'accueil des réfugiés.

Autre signe inquiétant : le tout nouveau parti anti-immigration, Alternative pour l’Allemagne (AFD), un frère du Front National français, a recueilli dans les trois landers entre 14% et 24,2% des voix avec des slogans tels que « Sécurité des frontières » ou « Stop au chaos de l’exil ». La nouvelle présidente de cette formation ultra n’a pas hésité à appeler à tirer sur les réfugiés avec des armes, une de ses collègues précisant que cela valait aussi pour les femmes et les enfants. Fort de ces succès dans ces élections partielles, l’AFD espère rentrer au Parlement fédéral, le Budenstag, lors des élections législatives de 2017. « Ce serait la 1ère fois que l’extrême-droite entrerait au Bundestag depuis les nazis », note le quotidien belge Le Soir.

C’est dans une ancienne province de l’Allemagne de l’Es , la Saxe-Anhalt, que ce parti extrémiste a remporté le meilleur score, juste derrière la CDU qui conserve néanmoins de justesse ce lander. La formation d’Angela Merkel perd néanmoins deux autres régions : dans le Bade-Wurtemberg, fif du CSU, celui est devancée par les Verts ; en Rhénanie-Palatinat, une coalition SPD (social-démocrate) et écologistes l’emporte également.

Fermeture des frontières dans toute l’Europe

L’échec d’Angela Merkel est sérieux, même si la chancelière reste dans les sondages à peu près assurée aujourd’hui d’effectuer un 4ème mandat si elle le souhaitait. Mais l’avertissement a sonné. Angela Merkel avait déjà subi de nombreuses critiques dans son propre parti, la CDU et surtout celles de son allié, la CSU. Les sociaux-démocrates du SPD avec qui elle gouverne, sont également en recul électoral. Angela Merkel voit sa majorité secouée.

Dans l’Union européenne, les critiques à la politique d’ouverture aux réfugiés défendue par Angela Merkel se multiplient. Elles émanent surtout des gouvernements des pays de l’Est et de l’Autriche qui refusent dorénavant d’accueillir les migrants syriens. Mais d’autres pays se sont également émus des initiatives très solitaires de Chancelière allemande. A la veille du sommet « UE-Turquie » qui s’est déroulé le 8 mars dernier, Angela Merkel avait conclu le 7 mars, avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, un plan qui prévoit le retour en Turquie des migrants arrivés illégalement en Grèce. En contrepartie, Angela Merkel s’était engagé pour l’ensemble de l’UE à accueillir un même nombre de réfugiés « légaux ». « C’est une percée » s’était félicité la Chancelière allemande mais elle n’avait omis de prévenir les 27 autres membres de l’Union de la nature de ce compromis. En Europe, une majorité de pays sont pour la fermeture des frontières, ce qu’applique déjà dans les faits, dans l’ensemble des pays de l’Est, de l’Autriche et de la Grande-Bretagne qui a fermé ses frontières maritimes. Les pays d’accueil comme la Grèce ou l’Italie appellent à la solidarité les autres pays-membres de l’UE. Sans aucun succès à ce jour. La France reste dans un silence prudent.

Entre la contestation électorale et le front du refus au niveau européen, Angela Merkel pourrait être tentée d'abandonner ses positions et se résigner à une fermeture unilatérale des frontières en Europe.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 15:56
Daesh : Révélations sur les fiches de 1700 djihadistes, leur origine et leur parcours

(article paru sur le site TSA, le 12 mars 2016)

Bombe du renseignement ou pétard mouillé ? Quelques jours après la révélation d’un fichier comprenant quelques 22 000 noms, assortis tous d’une fiche personnelle, de combattants de l’Etat islamique, on ne sait toujours pas s’il s’agit d’une information stratégique par son contenu, hautement sensible, ou d’une « vraie fausse » révélation, voire d’une manipulation de l’Etat islamique lui-même. La chaîne britannique Sky News, le journal allemand Süddeutsche Zeitung, ainsi que le site d'opposition syrien Zaman al-Wasl ont publié des extraits de ce listing. Sky News affirme les avoir obtenus sous forme d'une clé USB dérobée au chef de la police du « califat » et transmise en Turquie par un membre repenti de Daesh, dont le pseudonyme est Abou Hamed. Celui-ci apparaît le visage masqué dans une interview diffusée par la chaîne d'information. «Cette organisation est une escroquerie, ce n'est pas l'islam», affirme-t-il dans la vidéo, assurant espérer que ces documents permettent, « si Dieu le veut », de détruire l'EI.

Le site Zaman al Wasl qui opère depuis le Qatar révèle après analyses et recoupements, que les 22 000 fiches se réduisent en réalité à 1736 djihadistes identifiés. Ce qui est déjà considérable.

Fiche d’identité de chaque combattant

Les documents fournis portent le cachet administratif de Daesh et la mention « classé confidentiel ». S’ils s’avèrent authentiques les pièces fournies fourniront une image extrêmement exacte du mouvement et de ses troupes. Lors de son enrôlement, chaque combattant a du en effet répondre à des questions précises : Nom et prénom ; Pseudonyme ; Nom de la mère ; Groupe sanguin ; Date et nationalité de naissance ; État civil et nombre d’enfants ; Adresse ; Niveau scolaire ; Niveau de connaissance et de pratique de la religion ; Profession avant l’enrôlement ; Pays traversés (lors du voyage vers l’Etat islamique) ; Porte d’entrée vers la Syrie ou l’Irak ; Recommandations (par d’autres djihadistes et le nom de ceux-ci !) ; Date d’entrée ; Actes et lieux de djihad précédent ;Type d’enrôlement (combattant, kamikaze ou infiltré) ; Spécialisation (combat, sécurité, administration) ; Lieu actuel d’affectation ; Biens déposés ; Aptitude à l’écoute et l’obéissance ; « niveau de compréhension de la charia », la loi islamique ; Personnes de contacts (épouse, famille…) ; Et enfin, date et lieu de décès, « autres observations »…

Certes, certains spécialistes ont soulevé des curiosités ou des invraisemblances dans les documents présentés : tournures de phrases peu habituelles dans la propagande Daesh, appellations ou logos qui ne font pas ou plus partie de la communication générale de l’organisation islamiste radicale.

Si la thèse d’une manipulation par les services de l’Etat islamique lui-même ne tient guère la route (quel serait le but de la manœuvre ?), il est possible qu’Abou Hamed et ses amis éventuels aient regroupé plusieurs sources différentes et mis en forme eux mêmes le produit final pour mieux le vendre aux enchères à des divers médias intéressés par sa publication.

La France, 1er fournisseur

Le site d’information syrien Zaman Al-Wasl qui mentionne un nombre conséquent de doublons et de répétitions, arrive, au final, à 1 700 identités distinctes de combattants de Daesh. Ces derniers viennent de 55 pays, notamment du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Europe de l’Ouest mais également des USA et du Canada. La France apparait comme le principal fournisseur des djihadistes étrangers qui se battent pour l’Etat islamique : plus de 500 Français seraient répertoriés dans ces fichiers. Un chiffre qui rejoindrait celui annoncé par le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve en octobre dernier pour évoquer les djihadistes français en Irak et en Syrie. Les noms de trois des auteurs des attentats de Paris de novembre 2015 figurent également sur les listes des combattants de Daesh qui ont fuité, affirme le quotidien Süddeutsche Zeitung : il s'agit de Samy Amimour, de Foued Mohammed Aggad et d'Omar Mostefaï, les trois assaillants français du Bataclan, responsables de la mort de 90 personnes.

Un site internet arabophone, lui proche des milieux djihadistes, a également mis en ligne une liste de 22 559 membres de l’État islamique ayant déserté l’armée syrienne, et celle de 21 572 personnes « recherchées par la sécurité politique », vraisemblablement, un organe du régime syrien.

Beaucoup d’informations sur la réalité de Daesh circulent donc, à un moment où cette organisation semble marquer le pas sur le front irako-syrien et tente de retrouver un second souffle en multipliant les fronts extérieurs de la Lybie à l’Indonésie, le plus grand pays musulman du monde qui a connu jeudi une 1ère vague d’attentats à Jakarta.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 15:44
Libye : Obama s’en prend à l’inconstance de David Cameron et Nicolas Sarkozy

(article paru sur le site TSA, le 11 mars 2016)

Dans un entretien publié jeudi par le magazine The Atlantic, Barak Obama revient sur différents aspects de la politique extérieure qu’il a mené pour son pays. En ce qui concerne la Syrie, le chef d’État déclare ne pas regretter sa décision, prise à l'été 2013, de ne pas lancer de frappes aériennes contre le régime du pays, malgré la « ligne rouge » qu'il avait fixée concernant une utilisation d'armes chimiques. Le président estime par ailleurs dans l'interview, que les conflits et le chaos au Moyen-Orient ne cesseront pas tant que l'Arabie saoudite et l'Iran ne trouveront pas un moyen de vivre en bon voisinage.

Barak Obama revient également sur l’intervention occidentale en Libye en 2011 qui a entraîné la chute et l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Il constate publiquement que cette opération, loin d’entrainer une quelconque formule democratique, a fait éclater le pays et a permis à l’Etat islamique de s’y implanter. « La Libye est plongée dans le chaos », constate le président américain.

Dans cette interview, il impute aux alliés européens de Washington une large part de responsabilité dans la situation actuelle de la Libye ! « Lorsque je me demande pourquoi cela a mal tourné, je réalise que j'étais convaincu que les Européens, étant donné la proximité de la Libye, seraient plus impliqués dans le suivi », poursuit-il. Selon lui, le Premier ministre britannique David Cameron aurait ensuite été « distrait par d'autres choses ». Quant à l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, Barack Obama, après avoir souligné que ce dernier avait perdu ses propres élections présidentielles, l’année suivante, estime qu’il « voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne, alors que nous avions détruit toutes les défenses anti-aériennes ». Un « distrait » et un fanfaron : ces propos très critiques ont du siffler aux oreilles des intéressés, d’autant que Barak Obama est connu pour la réserve dans ses propos, notamment en matière de politique internationale…

Crise libyenne et contagion régionale

Mais si les Etats-Unis se sentent aujourd’hui avoir été un peu trahis par des alliés inconstants, c’est bien ce pays qui a décidé, comme en Irak, d’intervenir dans les affaires intérieures de ce pays et qui a apporté l’essentiel de l’apport militaire qui a entraîné l’explosion de l’Etat libyen et l’éclatement du pays. On en observe aujourd’hui toutes les conséquences. L’Etat islamique, avec sa version locale, contrôle une partie de la Libye. Le reste est profondément divisé et deux parlements rivaux, l’un à Tobrouk, l’autre à Tripoli, s’affrontent pour la représentation du pays. Le 19 janvier dernier, la formation d'un gouvernement libyen d'union nationale avait été annoncée à Tunis. Sa confirmation, qui devait avoir lieu le 16 février, a été repoussée au 23 février par l’un des deux Parlement, celui de Tobrouk, reconnu internationalement, et elle reste loin de faire l’unanimité à Tripoli, la capitale tenue par une coalition de milices dominée par les islamistes de Fajr Libya.

Les trois puissances occidentales n’ont évidemment plus les moyens politiques d’une nouvelle intervention militaire, ce coup-ci contre l’Etat islamique. Daesh, qui a conquis fin 2014 à Derna, puis en février 2015, Syrte, menace d’infecter tout le voisinage africain et à partir de là, de semer la terreur dans une Europe distante d’à peine 300 km.

À défaut d'une intervention militaire massive contre ce nouvel acteur menaçant, Américains et Français mènent des opérations aériennes ciblées. Les raids se multiplient faisant évidemment de nombreux morts dans la population civile. Fragile, soutenu par le tiers seulement des 743 milices libyennes, le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, a dénoncé « une violation flagrante de la souveraineté de l’État libyen »

Les pays frontaliers, l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie ne s’expriment pas, ne souhaitant pas apparaître comme se mêlant aux affaires internes de la Libye, et par crainte des représailles de Daesh. Cela n’a pas empêché l’agression de la ville tunisienne de Ben Gardane le 7 mars dernier. Les attentats en Tunisie risquent de se multiplier, avec l’exemple de l’attaque du musée du Bardo en mars 2015, et celui de la tuerie sur la plage touristique de Sousse, trois mois plus tard. La menace existe également en Algérie. Une opération militaire de l’Armée algérienne qui s’est déroulée à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la Libye a permis, selon un communiqué aujourd’hui du ministère de la Défense, de « neutraliser » un groupe de terroristes et de récupérer un important lot d’armes, notamment six systèmes de missiles anti-aériens « Stinger ».

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 21:46
Les Français en colère, râleurs et pessimistes

(Chronique de Paris publiée dans le Quotidien d'Oran, le 10 mars 2016)

Une nouvelle réforme, très libérale, du travail est contestée par 7 Français sur 10

Il s’est déroulée hier, la première manifestation contre la « loi Travail », défendue par Myriam El Khomri. La ministre du travail, d’origine marociane, fut sur ce projet de loi particulièrement cornaqué par Manuel Valls, le 1er Ministre et dit-on par le président François Hollande lui-même. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réforme, l’une des plus importantes du quinquennat, est loin de susciter l’enthousiasme des Français : 7 Français sur 10 la jugent négativement, et 63% d’entre eux estiment qu’elle pourrait déboucher sur une crise sociale d’importance dans l’Hexagone.

La contestation, signe des temps, a d’abord gagné les réseaux sociaux. Une pétition lancée par une « écologiste citoyenne », Caroline de Haas, a recueilli en quinze jours, 1,1 million de signataires. Une 1ère en France ! L’ensemble des syndicats la rejettent et les mouvements de jeunesses, lycéens et étudiants s’y opposent. Ce sont ces derniers mouvements qui ont appelé à manifester hier dans toute la France, ouvrant une longue d’initiatives prévues par les organisations syndicales tout au long du mois de Mars.

Qu’y-a-t’il dans ce projet de loi qui suscite autant de colère ? Pour beaucoup de responsables politiques de droite mais aussi de gauche, la France, trop repliée sur elle-même ne perçoit pas les mutations nécessaires qu’impose à la France l’actuelle mondialisation de l’économie.

Du coup, les nouvelles propositions de Myriam el-Khomri, concernant le monde du travail sont toutes d’inspiration très libérale : pour ses initiateurs, il s’agit, dans cette période de très faible croissance et de très fort chômage (10% de la population), de donner le maximum de flexibilité aux dirigeants d’entreprise, afin qu’ils puissent reconstituer les marges qui permettront de « créer les emplois de demain ». Très vieux discours qui, pour l’instant, n’a réellement fait redémarrer la croissance nulle part en Europe, sauf peut-être en Allemagne.

Le projet comprend en effet de vieilles recettes libérales : remise en cause des 35 heures, accroissement de la durée du travail, préférence mise aux accords d’entreprise plutôt qu’aux accords de banche (où le rapport de force syndicats / patrons est meilleur pour les premiers), licenciements simplifiés et moins coûteux, remise en cause du tribunal des Prud’hommes, instance juridique de protection des salariés. L’ensemble des mesures furent bruyamment applaudi par le Medef, principale organisation patronale, et plus ou moins discrètement approuvé par un grand nombre de députés de l’opposition de droite.

Fronde à gauche

« Le gouvernement Valls-Hollande met en place des mesures libérales et antisociales que le gouvernement Sarkozy n’avait même pas osé mettre en place ! » s’emporte Caroline de Haas, l’initiatrice de la pétition électronique aux 1,1 millions de signature et qui en vise 2 millions d’ici la fin du mois. Les écologistes, le Parti Communiste et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon sont ouvertement contre la réforme. Mais également de nombreux députés socialistes sont plus ou moins ouvertement pour un report ou un oubli de cette réforme. Principale réforme sociale du quinquennat de François Hollande, celle-ci est en effet à leurs yeux beaucoup trop « sociale-libérale ».Et si beaucoup admettent la nécessité d’une plus grand flexibilité, elle doit s’accompagner pour eux de davantage de sécurité pour les salariés : c’est la « Flexi-sécurité » adoptée par les pays de l’Europe du Nord, qu’ils ne retrouvent pas dans ce texte.

L’ancienne N° 1 du PS Martine Aubry a largement pris ses distances vis-à-vis du gouvernement. « Trop, c’est trop », c’est le titre d’un éditorial que la responsable du parti socialiste a signé avec Daniel Cohn-Bendit, leader des écologistes et seize autres personnalités de gauche. Le désaccord avec le Président de la République est global. Outre la Loi Travail, qui fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, les points de conflits avec le couple Hollande-Valls sont nombreux :

- Le Pacte de responsabilité, signé avec le Medef en janvier 2014 : l’Etat avait versé 41 Milliards d’Euros aux entreprises, l’organisation patronale promettant la création d’un million d’emplois ! Il n’en fut évidemment rien, le dispositif créant seulement quelques dizaine de milliers de postes : « Le Pacte avec le Medef s’est révélé un marché de dupes ».

- La déchéance de nationalité : cette mesure autoritaire et sans doute guère efficace contre les apprentis terroristes, avait été prise dans la foulée des attentats de Paris. Nombre de députés n’avaient été franchement convaincus lors de la discussion parlementaire. « François Hollande doit renoncer à la déchéance de nationalité au profit d’une peine d’indignité nationale ou de déchéance de citoyenneté » propose les opposants.

- L’accueil des réfugiés syriens : Manuel Valls qui en déplacement à Munich, avait refusé la proposition d’Angela Merkel, d’une répartition par quotas des réfugiés entre les 28 pays de l’UE, est vivement critiqué, « indécent discours de Munich », commente Martine Aubry…

Plus généralement, sur la question de la Loi Travail, les électeurs traditionnels de gauche ne comprennent pas ce retournement très libéral du gouvernement. On est bien loin des 60 engagements du candidat Hollande lors de sa campagne présidentielle de 2012, bien qu’aujourd’hui, environ 40% de ces promesses sont réalisées ou encours de réalisation. La remise en cause du Code du Travail au bénéfice des chefs d’entreprises ne passe décidemment pas. Les élus socialistes voient surtout avec inquiétude les élections législatives et présidentielles de 2017 : le PS est en train de perdre ses électeurs à la pelle !

Face à l’ampleur de la contestation, le gouvernement Hollande-Valls a décidé de reporter de quinze jours (et non de « 15 minutes » qui fut le lapsus de Myriam El-Komry devant l’Assemblée nationale) la présentation du projet devant le Conseil des Ministres. Si Manuel Valls veut conserver la ligne générale de la réforme proposée mais quelques mesures très contestées, seront « aménagées », cela suffira-t-il à calmer les syndicats ? Rien n’est moins sûr.

L’Europe ne fait plus rêver

Râleurs, arrogants, parfois innovants : ce sont dans le monde, les images sur les Français les plus souvent répandues. Râleurs, le gouvernement Hollande-Valls en fait les frais, le Président et le 1er Ministre n’ont jamais aussi bas dans les sondages : début mars, seuls 15 % des Français portent un jugement positif sur l'action de François Hollande comme chef de l'État, contre 78 % (+ 4) d'un avis contraire. Manuel Valls tombe à 20% d’avis favorables. Il est vrai qu’en supplément au menu de début d’année, les responsables de l’exécutif ont dû subir une explosion de colère des agriculteurs, qui subissent une crise liée au poids dominant de la grande distribution, aux errements de la politique agricole de l’UE et aux conséquences des embargos qui frappent la Russie après le conflit en Ukraine.

A en croire les récents sondages, les Français sont encore très attachés à leurs paysans. 70% des consommateurs disent leur faire confiance et 60% d'entre eux sont prêts à payer plus cher pour des produits « bien français ».

Car l'Europe ne fait plus rêver les Français : alors qu'en 2003 les Français étaient 61 % à voir dans la construction européenne « une source d'espoir » et 50 % encore en décembre 2011, ils n’étaient plus que 26 % à la mi-2015. Soit une chute de 24 points en moins de quatre ans ! Une perte de confiance qui tourne au véritable désamour. L'Europe inspire maintenant de la crainte à 42 % des Français. Un chiffre qui explose chez les sympathisants du FN (75 %). Le discours eurosceptique de Marine Le Pen, dont la sortie de l'euro est l'un des thèmes majeurs, semble avoir porté ses fruits.
Principale critique des Français : le manque de solutions aux problèmes récurrents du chômage et du pouvoir d'achat. Pis, « ils sont de plus en plus nombreux à estimer que l'Europe ne résout pas les crises mais les aggrave. Les Français n'ont pas attendu la crise grecque pour clamer leur scepticisme (…) L'impuissance de l'Europe à résoudre les problèmes des peuples et l'interminable suspense autour du Grexit (la sortie de la Grèce de la zone euro) renforcent les doutes : l'espoir a encore perdu 6 points en un an, notamment depuis la crise grecque », souligne Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa, l’organisme du sondage. L’impuissance européenne face à la crise des migrants, la menace d’un référendum de sortie de l’Europe en Grande-Bretagne en juin prochain ne feront qu’accroitre le désamour des Français vis-à-vis de l’Union européenne. Une Europe sous influence allemande : plus des deux tiers des Français estiment qu’Angela, la chancelière allemande qui a le plus d'influence sur les décisions prises dans l'Union européenne contre… 2 % seulement pour François Hollande.

Champions du monde du pessimisme

Arrogants, les Français ? Plus du tout, en tous cas, vis-à -vis de la puissance US. Le récent et strict alignement de la France sur les positions américaines, souvent changeantes, dans les conflits du Proche et Moyen-Orient, ont souvent surpris. « Après 2002-2003, la France a été le pays le plus populaire dans le monde. Le seul fait d’être français valait considération lorsque vous franchissiez les frontières, rappelle Pascal Boniface le directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), La raison en était simple. L’opposition de la France à la guerre d’Irak se greffant sur une tradition diplomatique gaullo-mitterrandiste d’indépendance lui avait donné un prestige immense. C’était vrai non seulement dans les pays arabes et musulmans mais également sur l’ensemble de la planète, y compris dans les pays où les dirigeants étaient favorables à la guerre, sauf aux États-Unis et en Israël­. Les opinions étaient reconnaissantes à la France d’avoir eu le courage de s’opposer aux projets guerriers des États-Unis ».

Côté alignement, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a même pris des positions plus raides que l’administration Obama sur la normalisation des relations occidentales avec l’Iran, ou sur l’acceptation de Bachar el-Assad dans le front contre Daesh. Fabius vient d’être remplacé par Jean-Marc Ayrault et l’on espère que celui-ci redonnera une certaine autotomie à la diplomatie française : « aujourd’hui, la France conserve une image positive spécifique bien qu’elle ait un peu pâli à l’échelle mondiale, poursuit le chercheur de l’IRIS, mais dans les pays musulmans, du Maroc au Pakistan, elle est perçue comme un pays islamophobe ».

Tout ira toujours plus mal : les Français sont également les champions mondiaux du pessimisme. Selon une étude mondiale réalisée en 2015 par le Pew Research Center des Etats-Unis, les Français sont les plus pessimistes quand il s’agit de savoir si la génération des enfants vivra mieux que celle des parents. Il n’y a que 14% des Français à être optimistes sur ce point, record mondial, juste devant les Italiens (15%), et pas loin des Japonais (18%).

Dans un autre sondage plus récent, ils étaient 68% à penser que 2016 sera pire que 2015. La France est pourtant reconnue comme une grande puissance économique ; elle se situe en quatrième position mondiale pour le nombre de sociétés multinationales, derrière les Américains, les Chinois et les Japonais et devant les Allemands (mais derrière en nombre de sociétés industrielles). Selon une enquête toute récente de Thomson Reuters, la France est troisième dans le monde pour l’innovation en termes de brevets (nombre, influence, utilisations...), (bien) après les Etats-Unis et le Japon. Elle a mis historiquement en place des mécanismes économiques innovants et qui le sont toujours, comme la concession de service public qui, bien encadrée, peut répondre de manière très actuelle à des besoins d’équipements complexes. Ce Service public qui est si souvent raillé par tous les libéraux…

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 21:35
François Hollande participera, le 19 mars, à la commémoration en France de la fin de la guerre d’Algérie

(article paru sur le site TSA le 10 mars)

François Hollande participera aux célébrations du cessez-le-feu le 19 mars, ce qui crée déjà une grande polémique parmi de nombreuses associations, notamment de harkis et de pied-noir. Le président français prononcera le 19 mars prochain, un discours devant le mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, situé au Quai Branly.

Aucun président français, depuis l’indépendance de l’Algérie, n’avait pris part à ces commémorations, inscrites dans la loi par une proposition socialiste adoptée le 8 novembre 2012. François Mitterrand, qui a toujours été opposé à l’officialisation de cette commémoration, avait déclaré à l’époque « On peut choisir n’importe quelle date sauf le 19 mars ». Jacques Chirac avait inauguré le monument, mais Nicolas Sarkozy n’a jamais célébré cet évènement, rappelle le Figaro.

L’Elysée a indiqué que le président Hollande souhaitait commémorer le cessez-le-feu et non les Accords d’Evian, signé le 18 mars 1962. De leur côté, les associations de rapatriés considèrent la date du 19 mars comme une défaite et la fin de l’engagement des autorités françaises dans la défense de leurs ressortissants.

L’ensemble du conflit reste marqué par la violence des affrontements et le nombre des morts, essentiellement du côté algérien

Les chiffres restent néanmoins imprécis : entre 250 000 et 400 000 morts en pertes civiles, dans l’immense majorité des Algériens (les estimations imprécises et passionnelles sont montées jusqu’à 1,5 million de morts, effectuées du côté algérien en 1970).

23 635 soldats sont morts dans l’armée française sans oublier les 30 000 à 90 000 morts harkis. 152 000 maquisards du FLN ont été tués, soit près d’un combattant sur deux. Un million de pieds-noirs et de famille de harkis ont pris le chemin de l’exil.

La commémoration du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu bilatéral, reste donc un débat sensible en France. La bataille mémorielle et politique divise en deux camps les anciens combattants d'Algérie, mais aussi en partie l'échiquier politique. Les opposants à la commémoration du 19 mars, recrutés surtout dans le camp plutôt des nostalgiques de l’Algérie française, font valoir que le conflit a perduré, notamment à travers les opérations de l’OAS. Il est vrai qu’on estime à 155 000, les nombres des morts post cessez-le-feu, entre mars et juillet 1962.

En 2000, le député Bernard Charles (radical-écologiste) dépose une 1ère proposition de loi « tendant à instituer une journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. ». Celle-ci, reprise par des personnalités du PS et de la droite, est adoptée en 2002. Depuis une loi française du 6 décembre 2012, le 19 mars, « jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie », est déclaré « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc », reprenant la proposition de Bernard Charles.

En France, le souvenir de cette guerre s’estompe

Mais, 54 ans après le cessez-le-feu, la mémoire de la guerre d’Algérie divise toujours : de nombreuses associations de harkis et de pieds-noirs ont réaffirmé leur opposition à la commémoration du 19 mars. Plusieurs maires, notamment dans le sud de la France, du parti Les Républicains et bien sûr des élus du Front national boycotteront la commémoration. Les associations ont depuis longtemps opté, plutôt que la date du 19 mars, pour celle du 5 décembre, jour de l’inauguration par Jacques Chirac du mémorial consacré aux 24 000 militaires français tués pendant le conflit. «François Hollande est en train de tourner le dos à une partie de la communauté nationale, il reconnaît qu'une seule souffrance, celle des Algériens et jette un voile d'ombre sur les drames des harkis et des Français d'Algérie. Il pourrait embrasser toutes les mémoires en se rendant aux commémorations du 5 décembre », commente ainsi Thierry Rolando, du cercle Algérianiste, dans le Figaro. À la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), en revanche, on célèbre le 19 mars 1962 depuis 1983. La décision de François Hollande de s'associer à ces commémorations est accueillie avec «joie».

Dans les faits, ces polémiques n’affectent plus guère la société française. Les plus jeunes soldats qui ont combattu en Algérie sont septuagénaires et sur une population de 46,5 millions de Français en 1962, les pertes de la guerre ont fait l'effet démographique d'une égratignure, largement compensée par l'arrivée massive des Français d'Algérie à partir du printemps 1962.

Rien de tel sur le territoire où se sont déroulés les affrontements militaires : « la population civile algérienne, en particulier, a payé un lourd tribut et l'impact démographique de la guerre sur le pays rappelle la saignée de la guerre de 1914-1918 pour la France, quoique sur une durée plus longue », note l’historienne Raphaëlle Branche.

Celle-ci fait également remarquer que le cessez-le-feu du 19 mars commença à mettre fin à ce long et sanglant conflit, mais depuis « aucun traité d'amitié n'a réussi à dire de manière officielle les liens importants pourtant maintenus entre les deux pays ».

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 21:25
Pour 6 milliards d’Euros,  l’UE  tente de sous-traiter ses réfugiés à la Turquie

(article paru sur le site TSA, le 8 mars 2016)

Le sommet de Bruxelles qui réunissait, sur la question des réfugiés, la Turquie et les 28 états-membres de l’UE s’est soldé par une délégation de la question des réfugiés à la Turquie de l’autoritaire Erdogan. Contre argent comptant : la Turquie qui avait déjà reçu la promesse de 3 milliards d’euros d’ici 2018, en percevra 3 de plus dans la même période. Elle a également gagné, pour au plus tard fin juin, la suppression des visas pour ses concitoyens qui se rendraient dans la zone Schengen. De plus, l’UE a accepté de réexaminer les conditions d’adhésion de la Turquie à l’ensemble européen. Ce débat était totalement gelé depuis 2007.

En contrepartie, l’état turc s’engage à freiner au maximum la sortie des réfugiés de ses propres frontières et accepte de réintégrer un certain nombre de migrants qui seraient rentrés illégalement dans l’UE. Sur le papier, ce pourrait être la totalité des 1,2 millions de réfugiés syriens qui sont actuellement en Europe. Dans les faits ,la Turquie s’est engagée à « accueillir les migrants irréguliers en provenance de la Grèce, quelles que soit leur origine ». Dans les faits toujours, elle expulsera les migrants économiques illégaux qui lui seront renvoyés par les Européens, vers leur pays d’origine. Cet accord qui n’a pas réussi à être formalisé lors du sommet de Bruxelles, devrait se concrétiser néanmoins dans les prochains jours. Les compromis trouvés sont affligeants à plus d’un titre.

Il montre tout d’abord que l’Union européenne si précise et volontiers autoritaires sur les normes économiques (qu’il s’agisse de la composition des shampoings ou de la concentration dans banques européennes) est aujourd’hui totalement incapable de régler une crise internationale, même si celle-ci la touche directement. La proposition d’Angela Merkel d’une répartition des réfugies sur la base de quotas par pays, a été refusé par un grand nombre d’état-membre. A la veille de la négociation avec la Turquie, l’Autriche affaiblissait le camp européen en annonçant son refus de toute mesure commune d’accueil. De même, de nouveaux déchirements, notamment avec l’Allemagne, sont intervenus avec la décision prise majoritairement, de fermer la « route des Balkans » qui a été emprunté l’an dernier par 850 millions de migrants ralliant le nord de l’Europe. Enfin, la « solidarité européenne » » fait tristement défaut à la Grèce, déjà en grave difficulté financière avant cette crise, et qui reste le principal point d’accueil des réfugiés syriens.

L’autre inconnu est évidemment la capacité du régime turc à pouvoir ou vouloir tenir ses engagements. Néanmoins, l’islamo-conservateur Reccep Erdogan peut aujourd’hui se réjouir. Contesté de plus en plus dans son propre pays, il pourra s’adresser à son peuple en célébrant une victoire diplomatique de la Turquie face aux « riches et égoïstes européens ». Toutefois, le maintien d’une population de 2,7 millions de réfugies syriens n’est pas sans difficulté pour la Turquie elle-même, d’autant que ce pays est partie intégrante dorénavant du conflit syrien, notamment à travers ses offensives contre les groupes kurdes. Erdogan leur attribue faussement une série d’attentats qui se sont déroulés en Turquie, alors que d’évidence, c’est Daech qui en était à l’origine et l’Etat islamique poursuivra son offensive.

Realpolitik et solutions illusoires

De même, au regard de l’importante frontière maritime et terrestre de la Grèce avec l’Europe, il sera très difficile à la douane et à la police turques de contrôler et de juguler un tel mouvement historique d’exode de populations. Quant au retour forcé de réfugiés de l’Europe vers la Turquie, il est non seulement indigne sur le plan humanitaire mais il apparait quasi impossible que la population turque accepte la présence permanente de millions de migrants. Par ailleurs, le vice premier ministre turc, Numan Kurtulmus a déclaré que son pays avait déjà dépensé 6,6 millibars d’euros pour la prise en charge des réfugiés.

En le nombre de ceux-ci ne peut que croître : 7,5 millions de Syriens ont dû quitter leur ville ou leur région et se retrouvent en déshérence dans leur propre pays, en pleine guerre. Beaucoup d’entre eux sont ou seront candidats à l’exil. Quelque soient les calculs des différents signataires de cet accord, celui-ci a toutes les chances de se révéler aussi injuste qu’inefficace.

Enfin, l’Union européenne multiplie depuis sa fondation, les déclarations théâtrales sur la démocratie dont elle serait l’un des porte-drapeaux. Mais l’actuelle crise des réfugiés a tendance à faire oublier les Droits de l’Homme. Pour cet accord très « realpolitik »de sous-traitance migratoire, les négociateurs de l’UE ont bien sûr « oublié » l’actuelle dégradation du contexte démocratique en Turquie : Le rapport d'évaluation annuel de la Commission européenne sur la situation en Turquie, publié en novembre ), est l'un des plus sévères depuis 1997. Le plus grand quotidien du pays, Zaman, critique avec Erdogan, a été placé sous tutelle judiciaire, de nombreux journalistes sont en prison, et toutes les formations kurdes ont été baptisés « terroristes » par le pouvoir.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 21:03
Riyad-Paris : Légion d’honneur et Grande entente

(article paru sur le site TSA le 7 mars 2016)

Vendredi 4 mars, François Hollande a décoré de la légion d'honneur le prince héritier d'Arabie saoudite. Mohamed ben Nayef, par ailleurs ministre de l'Intérieur, a été donc décoré de la plus haute distinction française, à l’Élysée, mais ceci dans la plus grande discrétion. Dame ! L’affaire était un peu délicate… Une sorte de petite cérémonie privée…C’est en réalité l’Agence de presse saoudienne SPA qui a vendu la mèche sur son site : « Il a été question lors de cet entretien de l'évolution de la situation au Moyen Orient et de la position des deux pays amis, y lit-on, après cela, le président français a remis à son altesse la médaille de l’ordre national de la Légion d’honneur qui est la plus haute distinction française pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme ». La présidence de la République a dû confirmer ce dimanche 6 mars, que le prince avait bien été décoré, au titre de « personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante ». La même source rappelait que François Hollande a lui-même déjà été décoré de « l’ordre suprême du Royaume », à l’occasion de l’une de ses visites en Arabie saoudite.

S’il est traditionnel dans la haute diplomatie de s’échanger les bons usages et les grandes médailles, le moment est particulièrement mal choisi. Tout d’abord, parce que le Royaume durcit sa politique répressive interne : selon l’AFP, 153 personnes auraient été exécutées dans le pays en 2015. Un niveau inégalé depuis vingt ans. Le dimanche 6 mars, au lendemain de la remise de médaille, un Saoudien a été décapité, portant à 70 le nombre d’exécutions en Arabie saoudite depuis le 1er janvier 2016.

Trop grande proximité Riyad - Paris

Sur le plan des relations internationales, la décoration tombe également plutôt mal : l’Arabie saoudite renforce actuellement son intervention militaire au Yémen où s’affrontent chiites et sunnites et ne cache pas que son ennemi principal est avant tout l’Iran. Au moment où la France cherche à tout prix, à restaurer ses relations avec Téhéran, cette légion d’honneur pourrait agacer ses interlocuteurs iraniens.

Par ailleurs, si l’Arabie saoudite a constitué en fin d’année dernière, un « front anti-terroriste » de 34 pays musulmans (parfois même sans leur demander leur avis, comme ce fut le cas pour le Pakistan), le royaume fut longtemps le principal financier du terrorisme djihadiste et il continue d’appuyer des fractions issues de la mouvance Al Qaida, dans l’ensemble du Moyen-Orient. La conversion de l’Arabie saoudite à « la lutte contre le terrorisme » est donc de fraîche date.

Plus généralement, Laurent Fabius, l’ancien ministre des affaires étrangères français, avait beaucoup poussé à une intensification des relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats, créant une sorte d’alignement un peu systématique de Paris sur de nombreux dossiers, alors que les États-Unis n’hésitaient à prendre leurs distances avec certaines prises de position de l’Arabie saoudite., pétrole et bonnes relations commerciales obligent.

Sur le dossier syrien notamment, Paris et Riyad furent les deux capitales qui exigèrent de façon continue le départ de Bachar el-Assad comme une condition absolue à une possible normalisation du pays. Adel al-Jubeir, le chef de la diplomatie saoudienne, présent à Paris début mars a été précis : Le dictateur syrien devra partir dès la mise en place d'une autorité de transition. « Un organe de transition sera mis en place, le pouvoir passera d'Assad à cet organe (...), et il s'en ira ».

Cette solution apparaît aux deux pays comme la meilleure façon de combattre Daesh : « Daech disparaîtra de Syrie si Bachar el-Assad disparaît. Daech a aussi connu des succès en Irak, parce que le gouvernement de Bagdad n’a pas été équitable dans le traitement de tous ses citoyens, a jugé Adel al-Joubeir , il n’y a pas de mystère, Daech profite de ces situations. Mais si vous avez un système équitable en Irak et un changement politique en Syrie, le terreau fertile sur lequel Daech a grandi n’existera plus. Il sera plus facile de lui infliger une défaite ». Des postions qui semblent fort partagées par le Quai d’Orsay.

Problème : la Russie qui intervient puissamment dans le conflit depuis quelques mois, estime elle, que Bachar el-Assad est un allié utile dans la lutte contre Daesh. L’État islamique est jugé comme l’ennemi principal et les États-Unis, certes sans enthousiasme excessif, semble se rallier à cette idée.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 16:27
Réformes : le gouvernement Hollande-Valls contesté par sa propre majorité

(article paru sur le site TSA le 7 mars 2016)

Rude semaine qui se prépare pour François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls. Principal plat du menu : le projet de réforme sur le travail qu’ils avaient tous deux proposé début février. Celui-ci est très vivement contesté dans les rangs de la gauche et par l’ensemble des organisations syndicales et des mouvements de jeunesse. Une 1ère journée nationale de manifestation se déroulera Le 9 mars.

Décidé à faire adopter les réformes rapidement, quitte à passer en force vis-à-vis de députés socialistes rétifs ou critiques, le gouvernement a dû reculer devant la fronde : le projet de loi qui devait être examiné le 9 mars par le Conseil des ministres, le rendez-vous a été reporté au 24 mars. Entretemps auront lieu des « concertations » avec le milieu syndical.

Selon les sondages, 7 Français sur 10 sont opposés à cette réforme et, 1ère dans l’histoire française, une pétition sur le Net qui demande l’abandon de celle-ci a recueilli en moins d’un mois, 1,1million de signatures.

Qu’y-a-t ‘il dans ce projet de loi qui suscite autant de colère ? Les propositions concernant le monde du travail sont toutes d’inspiration très libérale : pour ses initiateurs, il s’agit, dans cette période de très faible croissance et de très fort chômage (10% de la population) de donner le maximum de flexibilité aux dirigeants d’entreprise, afin qu’ils puissent reconstituer les marges qui permettront de « créer les emplois de demain ». Très vieux discours qui pour l’instant, nulle part en Europe, sauf peut-être en Allemagne, n’a réellement fonctionné.

Le projet El Khomri, du nom de l’actuelle ministre du Travail, comprend en effet de vieilles recettes : remise en cause des 35 heures, accroissement de la durée du travail, préférence mise aux accords d’entreprise plutôt qu’aux accords de banche (où le rapport de force syndicats / patrons est meilleur pour les premiers), licenciements simplifiés et moins coûteux, remise en cause du tribunal des Prud’hommes, instance juridique de protection des salariés. L’ensemble des mesures furent bruyamment applaudi par le Medef, principale organisation patronale, et plus ou moins discrètement approuvé par un grand nombre de députés de l’opposition de droite.

La fronde à gauche

« Le gouvernement Valls-Hollande met en place des mesures libérales et antisociales que le gouvernement Sarkozy n’avait même pas osé mettre en place ! » s’emporte Caroline de Haas, l’initiatrice de la pétition électronique aux 1,1 millions de signature et qui en vise 2 millions d’ici la fin du mois. Les écologistes, le Parti Communiste et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon sont ouvertement contre la réforme. Mais également de nombreux députés socialistes sont plus ou moins ouvertement pour un report ou un oubli de cette réforme. Principale réforme sociale du quinquennat de François Hollande, celle-ci est en effet à leurs yeux beaucoup trop « sociale-libérale ».Et si beaucoup admettent la nécessité d’une plus grand flexibilité, elle doit s’accompagner pour eux de davantage de sécurité pour les salariés : c’est la « Flexi-sécurité » adoptée par les pays de l’Europe du Nord, qu’ils ne retrouvent pas dans ce texte.

L’ancienne N° 1 du PS Martine Aubry a largement pris ses distances vis-à-vis du gouvernement. Les élus socialistes voient surtout avec inquiétude les élections législatives et présidentielles de 2017 : le PS est en train de perdre ses électeurs à la pelle !

Dans la perspective de rendez-vous électoraux difficiles, quelle est la stratégie du couple Hollande Valls (les deux en chute libre dans les sondages) ? Ni les électeurs, ni les militants, ni les élus socialises ne savent aujourd’hui répondre à cette question.

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