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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 14:16
Terrorisme : François Hollande abandonne la déchéance de nationalité

(article paru le 30 mars 2016, sur le site TSA)

La réforme constitutionnelle qu’avait souhaitée François Hollande aux lendemains des attentats de Paris et qui prévoyait la mesure de la déchéance de la nationalité pour les coupables de terrorisme, mesure décriée par une partie de la gauche elle-même, ne verra pas le jour.

« J'ai décidé, après m'être entretenu avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, de clore le débat constitutionnel », a solennellement annoncé le chef de l'Etat mercredi. Quatre mois après avoir été applaudi par la quasi totalité des parlementaires à Versailles, le chef de l'Etat « constate aujourd'hui que l'Assemblée nationale et le Sénat ne sont pas parvenus à se mettre d'accord et qu'un compromis paraît même hors d'atteinte sur la définition de la déchéance de nationalité pour les terroristes ».

« Je constate aussi qu'une partie de l'opposition est hostile à toute révision constitutionnelle, qu'elle porte sur l'état d'urgence ou même sur l'indépendance de la magistrature. Je déplore profondément cette attitude. Car nous devons tout faire dans les circonstances que nous connaissons, et qui sont graves, pour éviter les divisions et écarter les surenchères ». La semaine dernière, le Sénat, à majorité de droite, avait réservé l'extension de la déchéance de nationalité aux seuls binationaux, arguant ne pas vouloir créer d'apatrides, là où l'Assemblée l'avait théoriquement étendue à tous les Français afin de ne pas créer de discriminations. Il fallait une majorité des deux chambres pour effectuer cette réforme constitutionnelle. François Hollande n’a pu que constater son échec.

Beaucoup de polémique sur le fond des prochaines élections présidentielles

C’est une épreuve supplémentaire pour celui-ci à 10 mois des élections présidentielles. Affichant d’être un partisan d’un Etat fort, aux lendemains des attentats de paris, François Hollande pouvait conforter son image d’un président capable de fermeté et symbolisant l’union national dans une situation difficile.

La droite n’a pas voulu tombé dans ce qui comme un piège à la proximité de la principale élection de la Vème République. Quitte à jeter à la poubelle une mesure peut-être contestable mais qui pouvait s’imposer au regard de la vague d’attentas qui a secoué la France mais également l’Europe.

Ironie de l'histoire, la version du Sénat a été adoptée juste après l'arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, seul survivant du commando auteur des attaques du 13 novembre, et le matin même des attaques d’un commando de Daesh contre l ‘aéroport et une station de Métro de Bruxelles.

L’opposition n’étaient pas unanime sur cette prise de position un peu tacticienne des sénateurs. Les centristes l’ont regretté. Nicolas Sarkozy s'était initialement engagé en faveur de l'adoption de la déchéance de nationalité telle qu'elle a été votée à l'Assemblée mais il a changé au dernier moment en se ralliant aux partisans du blocage de la réforme constitutionnelle. Election présidentielle oblige…

Le PS tente faire retomber la faute sur la droite

A la suite de l'allocution présidentielle, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a présenté ses « excuses » à la majorité aux Français "qui ne peuvent qu'être consternés par ce triste spectacle ». Pour de nombreux responables socialistes, l’opposition de droite aurait opté pour une attitude en pleine période de risques d’attentats.

Mais ils semblent avoir oublié les nombreuses critiques qui émanaient du sein même de leur propre camp contre cette mesure, souvent jugée inefficace, hâtive et quelque peu attentatoire aux libertés individuelles.

Marine Le Pen du Front national a quand à elle qualifié d'«échec historique» l’annonce par François Hollande de l’abandon de la réforme, certains de ses lieutenants appelant à la démission du chef de l’Etat.

Pour François Hollande, cet épisode pourrait être un échec important de son mandat présidentiel, sauf à convaincre l’ensemble des Français de « l’irresponsabilité » de l’opposition de droite dans cette phase d’attentats djihadistes. Le chef de l’Etat a en tout cas mésestimé la détermination de ses rivaux politique à le faire à tous prix tomber. François Hollande a également un problème de communication avec sa propre majorité. Sa prise de décision sur la déchéance de la nationalité comme la toute nouvelle réforme, très libérale sur le travail, sans concertation particulière, a beaucoup surpris et agacé dans ses propres rangs.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 12:59
Attentats : le stratégie de Daesh s’avère-t-elle efficace ?

(Article paru sur le site TSA, le 30 mars 2016)

L’Etat islamique connait actuellement de sérieux revers en Syrie et dans une moindre mesure en Irak. Mais Daesh a une stratégie mondiale, de revers, par l’utilisation du terrorisme, une politique particulièrement efficace et continue en Europe. Les attentats de Paris et ceux de Bruxelles ont des objectifs évidents : marquer à vif les populations pour qu’elles se sentent en situation de guerre, renforcer les courants « neutralistes » qui souhaitent le retrait des troupes des pays européens du conflit moyen-oriental, affaiblir des gouvernements qui semblent ne pas maitriser la menace djihadiste dans leur propre pays.

L’autre face de cette stratégie est de favoriser des réactions xénophobes en Europe visant tout particulièrement la communauté arabe. L’ouvrage « Appel à la résistance islamique mondiale, d’Abou Moussab Al-Souri, théoricien du djihadisme, a été récupéré par Daesh et notamment l’idée d’une « zone grise », le lieu de coexistence des musulmans avec l’Occident, «entre le bien et le mal, le califat et les infidèles», explique le texte, citant Oussama ben Laden : « Le monde est aujourd’hui divisé. Bush a dit la vérité en disant « Soit vous êtes avec nous soit vous êtes avec les terroristes », mais les véritables terroristes, ce sont les croisés occidentaux ». Objectif ultime des attentats: faire monter l’islamophobie, imposer que les populations de confession musulmane soient victimes d’amalgame et d’actes violents de représailles, afin de les pousser à la radicalisation. Les communautés immigrées européennes notamment, pourraient ainsi elles aussi, basculer dans le soutien à Daesh.

Affaiblissement des réactions de protestation européennes

Cette stratégie, notamment mise en évidence par le chercheur Gilles Kepel, fonctionne-t-elle? Pour l’essentiel, non. Et notamment du fait de manifestations d’unité nationale qui englobait les communautés étrangères comme lors de la manifestation de Paris, le 11 janvier après l’attentat contre Charlie. Le refus de stigmatiser la communauté arabe en France fut encore plus net après les attentats de novembre, où un certain de membres de cette communauté figurèrent parmi les victimes des attentats djihadistes.

Après Madrid en 2004 (191 morts), Londres en 2005, Paris en 2015, c’est maintenant Bruxelles, la "capitale" de l’Europe, qui vient d’être touchée par des attaques terroristes Mais les attentats se succèdent, épuisant un peu les manifestations de solidarité et de volonté d’unité. La répétition des attentats font décroitre les mobilisations populaires de protestation : « La répétition des attaques et leur caractère presque "attendu" a aussi son importance, note le sociologue Gêrome Truc, Moins l’effet de surprise est grand, moins l’effet de sidération est fort. Il avait été particulièrement important en 2004 puisqu’il s’agissait du premier attentat sur le sol européen depuis le 11 septembre 2001 ». Pour ce sociologue, ce n’est pas qu’un effet de lassitude mais la moindre mobilisation s’explique en partie par la crise de l’Union européenne : « « Aujourd'hui, face à la menace terroriste, l'UE a beau être frappée dans son cœur, les réactions des institutions européennes ont été moins fortes. L'UE est tiraillée de toute part. Au contraire, en 2004, après les attentats de Madrid, les Français s'étaient bien plus mobilisés que pour Bruxelles où très peu sont descendus dans la rue. On vivait notre 11-Septembre européen. À ce moment-là aussi, on allait vers la construction européenne, vers une union politique qui ne semble plus désirée aujourd'hui ».

Autre exemple donné par Gérôme Truc : après les attentats du 11 mars 2004 à Madrid, l’UE avait institué une journée européenne de commémoration des victimes du terrorisme tous les 11 mars. La dernière en date fut célébrée à peine 11 jours avant les attaques du 22 mars. « Qui le sait ? » s’interroge le sociologue.

Montée de l’extrême droite dans l’UE

La seule grande victoire de Daesh a été de favoriser partout en Europe une extrême-droite xénophobe et ultra-sécuritaire. François Hollande a cru bon d’en rajouter dans l’affirmation sécuritaire en décrétant l’état d’urgence et en tentant d’imposer la déchéance de nationalité, il n’a fait que diviser son propre camp sans minorer le Front national : Marine le Pen est d’ores et déjà assurée d’être présente au second tour des élections présidentielles. Angela Merkel avait proposé une politique d’accueil très ouverte aux réfugiés syriens ? Son parti démocrate-chrétien vient de subir une vraie secousse aux dernières élections régionales partielles en Allemagne qui a vu apparaître pour la première fois depuis le nazisme, un parti d’extrême droite, l’AFD, sur le plan national.

Mais le véritable enjeu est ce qui se passe dans les communautés immigrés en Europe. Des chiffres inquiètent : estimés à 200 en France lors des premiers attentats de 2004/2005, les djihadistes sur ce territoire national seraient environ 2000 selon le ministère de l'Intérieur et 1200 supplémentaires seraient partis en Syrie…

Mais de nombreux signes montrent que la communauté immigrée dans son ensemble, rejette aujourd’hui massivement Daesh, mouvement qui ne propose qu’une caricature sanguinaire de l’Islam.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 12:50
 Polémiques franco-française sur les banlieues et le terrorisme

(Article paru sur le site TSA, le 28 mars 2016)

Patrick Kanner, le ministre français de la Ville, a lancé ce week-end une furieuse polémique franco-française à la suite des attentats de Bruxelles.

Il était interrogé ce week-end par Europe 1, sur Molenbeek, quartier de l'agglomération de Bruxelles dont était originaires plusieurs membres des commando responsables des attentats à Paris du 13 novembre dernier et ceux plus récents qui ont frappé la Belgique. Patrick Kanner a reconnu l'existence en France d'une centaine de quartiers « présentant des similitudes potentielles avec Molenbeek : « il y a aujourd'hui une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec Molenbeek », a-t-il déclaré. Invité à s’expliquer sur ces points de similitude, le ministre a fait le parallèle entre la situation d’un grand nombre de villes françaises, notamment de banlieue et la commune belge : « Molenbeek, c'est une concentration énorme de pauvreté et de chômage, un système ultra communautariste. C'est un système mafieux, avec une économie souterraine. C'est un système où les services publics ont quasiment disparu, c'est un système où les élus ont baissé les bras ».

La France, « gigantesque Molenbeck » pour certains élus de l’opposition

Son ministère a publié la liste d’une centaine de villes françaises, à la grande colère de leurs élus. Ces communes sont-elles réellement menacées de devenir des fiefs djihadistes ? A l’évidence, non. Mais dans le climat d’inquiétude lié à la multiplication des attentats en Europe, les propos de Patrick Kanner résonne en tous cas comme une grande trompette d’alarme. Le FN en pointe sur les demandes sécuritaires qui vise notamment l’immigration, applaudit, selon son N°2, Florian Phillipot, un constat « lucide » de la part du ministre. Curieusement, l’Union des organisations islamiques de France a approuvé les déclarations de Patrick Kanner : « des phénomènes de radicalisation » existent partout en France, où, néanmoins, l'immense majorité des musulmans sont avant tout des «citoyens», a déclaré cette association.
A droite, puisque les Présidentielles sont dans dix mois, on en rajoute. Chez les Républicains, Hervé Mariton a même trouvé le chiffre d’un centaine de communes « un peu optimiste » et un autre dirigeant de ce parti, Eric Ciotti, n’a pas hésité à déclarer : « La France ne peut devenir un gigantesque Molenbeek! ».

Le point de vue de Patrick Hammer a rapidement été contesté par la direction du PS. Jean-Christophe Cambadelis a appelé à ne pas céder à des formules faciles qui « stigmatisent ». Julien Dray, proche de François Hollande et fondateur de SOS-Racisme, reconnait qu’il y a « une ghettoïsation sociale qui donne lieu à une montée de la délinquance et puis aussi à des noyaux islamistes qui essaient d'instrumentaliser des points sociaux. Ce sont des points communs » avec Molenbeek, note Julien Dray, qui ajoute néanmoins : « je n'aime pas qu'on stigmatise car la majorité de la population de ces quartiers en a assez d'être désignée à la vindicte populaire ».

Patrick Kanner ce matin, a voulu un peu dédramatiser ses 1ères déclarations, dans les colonnes du Parisien : « Il ne s'agit pas de stigmatiser(…) Oui, il y a des risques, mais c'est parce qu'on agit qu'il n'y aura pas de Molenbeek en France ».

L’Euro 2016 aura bien lieu en France

Comment l’état français va-t-il agir ? Patrick Kanner est moins prolixe dans les solutions que dans la description des menaces. Le ministre de la Ville est également ministre des sports. Et sur ce terrain, menaces djihadistes ou pas, il est allé à l’essentiel : l’Euro 2016 aura bien lieu en France dans trois mois ! Les « fan-zones » qui accueillent les supporters et l’ensemble des stades seront soigneusement sécurisés avec palpations pour chaque entrée, vidéo surveillance, déminages et portiques de sécurité.

Peu après les attentats de Bruxelles, un débat était né sur un report éventuel de l’Euro mais un sondage avait démontré dans les jours qui ont suivi, que 79% des Français étaient favorable à la tenue en France de la grande manifestation footballistique. On ne peut pas les décevoir.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 12:45
Syrie : Bachar el-Assad reprend Palmyre avec son allié russe

(article paru sur le site TSA le 27 mars 2016)

La Syrie connait ce dimanche 27 mars 2016 son deuxième mois de trêve. Un cessez-le feu globalement respecté entre les forces de l’opposition et le gouvernement de Bachar el-Assad mais cette trêve ne concernait pas Daesh, le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu.

Ce même jour, le gouvernement syrien d’el-Assad a annoncé la reprise de la ville de Palmyre, contrôlée par Daesh depuis mai 2015, et qui a vu une partie de son patrimoine archéologique violement mis à mal par l’EI.. « Après de violents combats nocturnes, l'armée contrôle entièrement la ville de Palmyre, y compris le site antique et la partie résidentielle. Les djihadiste se sont retirés », a déclaré à l'AFP, une source militaire syrienne. La gouvernement de Bachar el-Assad gagne par cette opération, la capacité de reprendre le contrôle de la « Syrie utile », la partie vive du pays, à quelques semaines de la reprise des pourparlers de Genève.

Important appui russe

Pour cela, les troupes pro-Bachar ont reçu un important soutien de l’aviation et des commandos russes. A la surprise générale, Vladimir Poutine avait annoncé, le 14 mars, le retrait de la majeure partie des troupes russes stationnées en Syrie. L’annonce relevait en fait plus d’une stratégie de communication diplomatique que d’une inversion de la politique russe au Moyen-Orient : la Russie ne se retire pas du conflit syrien. L’appui militaire qu’elle a apporté aux forces de Bachar el-Assad pour la reconquête de Palmyre en sont une preuve supplémentaire. « Les capacités militaires russes sont importantes. Les Russes avaient déjà démontré en Crimée l’efficacité des forces spéciales, des troupes aéroportées, et l’avancée de l’effort de modernisation. Désormais, ils certifient, à travers l’opération syrienne, la précision de leur matériel militaire et l’intelligence de leur tactique de combat qui consistait à frapper la chaine logistique de l’Etat islamique et des troupes d’Al-Nosra », explique Philippe Migault de l’institut Iris.

Outre les forces russes, le régime syrien s'appuie dans son offensive à Palmyre sur des milices locales, les «comités populaires», et sur des membres du Hezbollah, la milice chiite libanaise. Des cadres des Pasdarans iraniens, les troupes d'élite du régime de Téhéran, ainsi que des volontaires chiites irakiens, afghans et pakistanais participeraient également à la bataille. On a même cité la présence de deux unités de miliciens nord-coréens sur le terrain en Syrie…

Il s’agit de la victoire la plus importante du régime face à l’EI depuis l’intervention fin septembre 2015 dans le conflit de la Russie, allié indéfectible du régime Assad.

La perte de Palmyre est la deuxième grande défaite de l’EI en Syrie après celle enregistrée en janvier 2015 à Kobané. Dans cette ville kurde du Nord, les djihadistes avaient été chassés par les forces kurdes appuyées par l’aviation de la coalition menée par Washington.

Daesh affaibli mais pas vaincu

Deux jours plus tôt, l’Etat islamique connaissait un autre revers : plusieurs responsables de l'organisation Etat islamique dont Hadji Iman, le numéro deux du groupe terroriste, ont été tués cette semaine par des bombardements américains dans l’est de laSyrie, , a annoncé vendredi le secrétaire américain à la Défense, parlant d'une « offensive majeure » contre le mouvement djihadiste. Hadji Iman, également connu sous le d’Abdel Rahmane al-Qadouli, un ancien proche de Ben Laden, avait rejoint le groupe Etat islamique. Il en était devenu le numéro 2 et le successeur potentiel d’Abou Bakr al-Baghdadi. L’homme enfin gérait la trésorerie du groupe en tant que ministre des Finances de l’EI.

Daesh subit également une contre-offensive des troupes du gouvernement irakien à Ramādī et dans des petites villes proches de Bagdad. Deux autres offensives pourraient rapidement voir le jour contre Mossoul, toujours tenu par l’EI, avec l’aide des Kurdes et des forces populaires sunnites (milices tribales) en voie de construction. Ou bien s’attaquer d’abord à Falloujah, ville sunnite actuellement tenue par l’Etat islamique.

Reste que Daesh conserve une importante de nuisance dans la région et à l’extérieur, notamment en Libye et dans le reste du monde, via des attentats ciblés, comme ce fut le cas récemment à Bruxelles. L’EI bénéficie surtout des divisions de ses adversaires locaux (conflit entre Bacha el-Assad et ses opposants dans un pays ruiné ; conflit chiites-sunnites en Irak) mais également des divisions des puissances internationales qui interviennent dans la région : les puissances occidentales et la Russie divergent sur les solutions à mettre en place pour sortir du conflit et la Turquie s’en prend principalement à son ennemi obsessionnel, les forces kurdes, le tout sur fond d’une rivalité croissante entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:28
Attentats, les responsables européens désunis sur la riposte

(Article paru sur le site TSA, le 24 mars 2016)

Hillary Clinton en pleine campagne pour les primaires des élections présidentielles américaines, a commenté l’attentat de Bruxelles en critiquant surtout le manque de coordination et de riposte des Européens face à la menace terroriste qui menace le Vieux continent. Hillary Clinton a aussi déploré les failles qui permettent aux combattants de l'EI de revenir en Europe pour y commettre des attentats. « Aujourd’hui, de nombreux pays européens ne s'alertent pas entre eux quand ils arrêtent un suspect djihadiste à leur frontière, ou quand un passeport est volé », a-t-elle déploré. « Et l'Union européenne ne cesse de repousser le vote pour partager les données des voyageurs aériens », a-t-elle noté en parlant du fichier PNR, le registre commun sur lequel les eurodéputés pourraient voter en avril, après des années de controverses.

Pire, la candidate a déclaré dans son discours à l’université californienne de Stanton : « Nous avons besoin que les banques européennes cessent de financer le terrorisme » ! Rude attaque. Hillary Clinton a pressé les Européens d’intensifier la guerre en Syrie et en Irak et a souhaité une plus grande coopération en matière des renseignements : « L'Amérique a besoin que les services de renseignement européens travaillent main dans la main avec les nôtres, y compris là où ils ont plus d'accès et d'expertise, comme en Afrique du Nord ».

L’Union européenne « ergote »

Il est vrai que l’information semble même avoir mal circulé entre les différents services européens. Et de supposées disfonctionnements des systèmes de sécurité belges ont été critiqués, notamment par des responsables français. Le jour même des attentats, le ministre des Finances, Michel Sapin, un très proche de François Hollande a même évoqué « la naïveté » de la Belgique. Evoquant le quartier de Molenbeek d’où sont originaires beaucoup de djihadistes mélés aux attentats, « Je pense qu'il y a eu une volonté ou une absence de volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que, pour permettre une meilleure intégration, il faut laisser des communautés se développer, peut-être aussi une forme de naïveté, a estimé Michel Sapin. Les propos du ministre ont été très mal pris en Belgique. Même par le Ps local : "C'est indécent par rapport à un peuple qui souffre, qui est sous le choc, on a besoin de solidarité, pas de donneurs de leçons » a déclaré agacéé, Laurette Onkelinx, vice-présidente du Parti socialiste belge.
« Nous sommes en guerre, a répété de son côté Manuel Valls, il faut tourner la page de l’angélisme ». Le 1er Ministre se plaint que peu de choses ait bougé en Europe en matière de lutte anti-terroriste depuis les attentats de Paris. « Pendant qu'on ergote, des migrants meurent et des terroristes rentrent » : cette petite phrase acide a été lâchée par Bernard Caseneuve, le ministre de l’Intérieur français, lors d'une réunion à huis clos avec ses homologues européens sur le même sujet. Les responsables français militent surtout pour l’adoption par l’UE du PNR, le “Passenger Name Record”, un fichier des données personnelles des voyageurs aériens né aux Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 Septembre. Le projet d’un PNR européen avait été refusé au Parlement européen par le groupe socialiste européens les écologistes et d’autres élus le jugeant trop attentoire pour les libertés individuelles. Le projet sera donc reproposé en Avril.

Bisbille chez les parlementaires français

En France, c’est plus efficace ? Pas du tout ! En novembre dernier, aux lendemains des attentats de Paris, François Hollande avait réuni en Congrès, les députés et sénateurs français. Au menu, l’adoption de l’état d’urgence dans une réforme constitutionnelle qui prévoyait notamment d’inscrire dans la Loi fondamentale, le principe de la déchéance de la nationalité française pour les auteurs de crimes terroristes, français ou binationaux. Or il faut l’accord des deux chambres avec une majorité des 3/5ème pour réformer la constitution française. Et la droite est majoritaire au Sénat…

On a donc vu - le jour même des attentats de Bruxelles !- les Sénateurs refuser le projet de loi constitutionnel, souhaitant réserver la déchéance de nationalité aux seuls binationaux. Du coup, la déchéance semble tomber à l’eau, tout comme la constitutionnalisation de l’état d’urgence.

Autre dérapage politicien, des élus de droite ont souhaité frapper les auteurs de crimes terroristes d'une peine de perpétuité « réelle et irrévocable », c'est à dire sans aucune possibilité d'aménagement de peine. Sans doute inefficace pour effrayer des terroristes suicidaires, la mesure est également peu conforme à des traités de droit international que la France a signé. Cela n’a pas empêché Ségolène royale, ministre socialiste de l’écologie de l’approuver chaudement.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:19
Les attentats : contre-offensive d’un Daesh affaibli au Moyen-Orient

Les attentats : contre-offensive d’un Daesh affaibli au Moyen-Orient

Depuis l’offensive russe de la fin de l’année dernière, Daesh semble marquer le pas en Syrie. L’instauration d’un cessez le feu entre les forces de Bachar el-Assad et les milices de l’opposition ne concernaient pas les offensives occidentales et celles de l’armée syrienne contre les forces de daesh et du groupe al –Nosra. En Irak, la reprise de Mossoul par les troupes, est considérée comme l'objectif le plus important de la campagne de reconquête des territoires que l'État Islamique (EI) avait réussi à s’emparer en 2014. Plusieurs localités situées à une soixantaine de kilomètres de Mossoul ont déjà «été libérées», précise le commandement irakien. L'opération de reconquête est menée par l'armée de Bagdad et les Unités de mobilisation populaire, une coalition de milices principalement chiites, soutenue par la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Mossoul, qui se trouve à 350 km au nord de Bagdad, constitue de facto la capitale de l'EI en Irak après avoir été la première grande ville du nord du pays à tomber aux mains des djihadistes en juin 2014.

La poursuite des bombardements des forces occidentales qui ont notamment visé les ressources pétrolières dont dispose Daesh et qui sont sa principale source financière, ont ébranlé l’Etat islamique.

L’arme terroriste

Affaibli notamment par l’engagement des troupes russes en septembre 2015, Daesh a tenté une sorte de contre-offensive extérieure, en visant tout d’abord la Libye où la formation djihadiste a réussi à s’implanter , menaçant par la sorte la Tunisie frontalière qui a subit plusieurs attentats de masse. Mais depuis 2015, Daesh a ses mulitiplie ces attaques suicides très violentes dont la plus sanglante fut les opérations menées à Paris en janvier contre Charlie, et en novembre dans toute la capitale. Mais le Danemark ne fut pas non plus oublié avec une fusillade à Copenhague en février. Un train Thalis fut également attaqué entre Paris et Bruxelles en aout 1975. En octobre de la même année, un avion civil russe explose au-dessus du Sinaï. La Turquie a subi plusieurs attentats, notamment dans la ville de Suruç, en juillet 1975, contre la gare d’Ankara en octobre et près de la Mosquée bleue à Istanbul en janvier 2016 . Le même mois, le premier pays musulman du monde, l’Indonésie subit un attentat islamiste attribués à Daesh, le 14 janvier au matin, causés par cinq assaillants, dont trois kamikazes ; deux victimes dont un touriste algérien.

De nouveaux attentats prévisibles

Les forces armées irakiennes et syriennes ont annoncé jeudi le déclenchement « d'opérations de conquête » conjointes, dans la province irakienne de Ninive et dans les faubourg de la cité antique de Palmyre, en Syrie.

Le commandement irakien a annoncé jeudi que les forces armées et leurs alliés «ont débuté la première phase des opérations de conquête» de la province de Ninive dont Mossoul est le chef-lieu. Parallèlement, les forces du régime syrien mènent depuis plusieurs jours une offensive vers Palmyre, en Syrie, qui a permis, avec le soutien des raids de l'aviation russe, de prendre le contrôle des faubourgs de la ville. « Les soldats ont atteint le cœur de la ville », rapporte la chaîne de télévision pro-gouvernementale Ikhbariya qui diffuse des images depuis l'extérieur de la ville conquise en mai dernier par le groupe islamiste.

C’est ce contexte qui principalement ,explique l’attentat qui vient de frapperla capitale belge. L’opération était montée de longue date et l’arrestation en fin de semaine dernière de Salah Abdeslam, le dernier rescapé des attentats de Paris , n’a fait peut-être qu’accélérer l’offensive djihadiste. Le fait que Bruxelles soit le siège de l’Union européenne n’a fait qu’accroitre le retentissement des attentats. Les objectifs de Daesh ? Affaiblir les états européens qui interviennent en Irak et en Syrie (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni). Par ses attentats, l’Etat islamique espère que les réactions de panique qui naissent et croissent dans les populations des pays imposent à terme un retrait des forces occidentales ou tout au moins certaines d’entre elles. Mais Daesh compte également aviver des réactions xénophobes dans les pays concernés, contre l’importante immigration d’origine arabe ou moyen-orientale qui existe dans les pays européens, le plus souvent intégrée depuis des décennies.

De nouveaux attentats sont donc à craindre. Seul facteur « rassurant », les djihadistes de Bruxelles semblent avoir fait partie du même groupe que les acteurs des attentat de Paris. Ce qui pourraient indiquer que Daesh ne dispose peut-être pas de plusieurs autres groupes du même type en Europe. Mais l’on sait aussi que l’organisation a évidemment infiltré l’important mouvement de réfugiés qui ont fui la Syrie pour l’Europe.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:14
Hollande à 10 mois des Présidentielles, les difficultés s’accumulent

( Chronique de Paris parue le jeudi 24 mars 2016)

Terrorisme, migrants, crise de l’Europe, croissance plate, chômage et sondages inquiétants

Vendredi 18 mars, Salah Abdeslam, 26 ans, le terroriste « le plus recherché d’Europe » depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015, a été arrêté à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Le seul survivant de l’équipe djihadiste des attentats de Paris a été placé en détention provisoire et inculpé de « meurtres terroristes et participation aux activités d’un groupe terroriste ». Poursuivi par plus de huit cent inspecteurs des polices française et belge, l’homme d’origine marocaine, se cachait tout simplement dans un immeuble situé à quelques centaines de mètres de chez ses parents. Il n’avait visiblement pas quitté son quartier d’origine depuis sa fuite de Paris. Ce qui nécessitait pour le moins, de sérieuses complicités à Molenbeck et dans toute la Belgique.

L'arrestation du suspect-clé des attentats de novembre à Paris, est « un coup important porté à l'organisation terroriste Daesh en Europe », avait martelé samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, à l'issue d'un conseil de sécurité restreint à l'Elysée. « Les opérations de la semaine écoulée ont permis de mettre hors d'état de nuire plusieurs individus qui ont fait la preuve de leur extrême dangerosité et de leur totale détermination », avait-il ajouté. Trois jours plus tard, Daesh montrait que sa puissance destructrice n’était guère entamée : plusieurs explosions ont retenti à l’aéroport bruxellois de Zaventem mardi matin peu avant 8 heures, faisant un 1er bilan officiel de 14 morts et 96 blessés. Une heure plus tard, un attentat est dans le métro bruxellois, à une station proche des bâtiments de l’Union européenne. Au total, les attentats ont fait 34 morts et plus de 200 blessés.

Ces agressions de masse posent de nouveau avec acuité la question de la sécurité face à la menace djihadiste.

Polémiques sur la déchéance de la nationalité

François Hollande manque décidément de chance. Dans une attitude d’opposition un peu systématique, les sénateurs de droite, majoritaires dans cette chambre ont hier, botté en toucher en refusant la réforme de la constitution qui prévoyait notamment la déchéance de nationalité pour les actes terroristes. Au lendemain des terribles attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris, François Hollande avait imposé l’état d’urgence et le 16 novembre 2015, il avait proposé aux sénateurs et députés réunions en Congrès, d’inscrire dans la Loi fondamentale, le principe de la déchéance de la nationalité française pour les auteurs de crimes terroristes, dès lors qu’il s’agirait de personnes nées françaises et détenant une autre nationalité. La mesure paraissait être à la hauteur des l’émotion et de l’inquiétude des Français. Hélas pour François, la mesure a alimenté nombre de critiques dans les rangs mêmes de la gauche, où l’on estimait que le dispositif « d’urgence », déjà peu conforme aux canons démocratiques, brillait de surcroit par son caractère plus symbolique qu’efficace : un terroriste prêt à sacrifier sa vie dans un attentat le plus sanglant possible, tremblerait-il à l’annonce qu’il était déchu de sa nationalité française ?

Bon ! Quitte à perdre quelques électeurs à gauche, le président pouvait espérer par cette mesure autoritaire, satisfaire les électeurs de droite et du centre… Patatras ! Les députés et sénateurs des Républicains, la nouvelle appellation de la formation de la droite française et les centristes rechignent.

Or, pour une réforme constitutionnelle, il faut la majorité des deux chambres…

Mardi, les sénateurs de l’opposition ont voté contre. Du coup, la loi est bloquée. Ces élus ont-ils bien pris conscience du danger djihadiste ? Dans le faits, leur vote scelle quasiment la fin du projet de déchéance de la nationalité et met à mal l’état d’urgence et ce, le jour même des attentats de Bruxelles.

De son coté, François Holland réaffirmait le même jour sa détermination : « la guerre contre le terrorisme doit être menée dans toute l’Europe, notamment en matière de renseignement », a déclaré le Président « Cette guerre doit être menée avec sang froid et détermination car elle sera longue », a-t-il prévenu, avant de souligner que « dans cette période, nous devons être dans le rassemblement, la cohésion et la solidarité ». Sera-t-il pour autant entendu ?

Autre souci pour le président français, le conflit syrien a montré le total éclatement de l’UE sur la question des réfugiés. Angela Merkel pilote aujourd’hui seule la politique européenne dans ce domaine, quitte à faire adopter à l’UE, ses propres changements de position. Au départ, elle a eu l’attitude courageuse d’ouvrir largement ouvert ses frontières et elle appelé l’ensemble des 28 états membres à faire de même. Sans succès. Inquiétée par les attentats de Paris (Daesh sait exporter ses conflits) et par les réactions populaires de refus de l’accueil des réfugiés en Allemagne et dans l’ensemble de l’Europe, Angela Merkel a opté pour un virage pragmatique. Mais elle négocié seule avec la Turquie sa politique actuelle d’expulsion des « réfugiés illégaux », avec en contrepartie l’accueil des « migrants légaux ». Mais sans aucunement demander leur avis aux 27 autres états-membres de l’UE.

La panique des pays européens de voir enfler le nombre actuel d’1,2 millions de réfugiés syriens actuellement en Europe (la majeure partie en Allemagne), les a fait céder au chantage d’Erdogan : « Si vous ne faites pas ce que je veux, j’ouvre les frontières et vous verrez ce que vous verrez ». Du coup, le président turc a tout d’abord gagné 6 milliards d’euros pour gérer les réfugiés syriens qui se trouvent sur son sol et ceux qui seront expulsés d’Europe. Recepp Erdogan a également obtenu que soit rouverte la candidature d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et tous les citoyens turcs pourront librement circuler en Europe sans visas, dès le mois de juin prochain. Sur ce dossier, François Hollande est resté plutôt en retrait comme on ne l’a pas beaucoup entendu sur le risque du « Brexit », le référendum qui se déroule en Juin au Royaume-Uni pour savoir si ce pays reste ou non dans l’UE.

Chute dans les sondages

Cette prudence fera-telle rehausser la cote de François Hollande dans les sondages ? Si c’est le cas, la remontée sera longue : à treize mois du premier tour de la prochaine élection présidentielle, jamais un président de la République n'a été en aussi mauvaise posture : seulement 15 % de bonnes opinions, en baisse de 5 points et un taux de défiance qui atteint 80 % (+ 5 points). François Hollande paie l'addition d'une séquence ratée depuis janvier marquée par les déchirements sur la déchéance de nationalité, l'enlisement de la révision constitutionnelle, et le projet de loi El Khomri qui achève de décevoir à gauche... Car ce sont bien les sympathisants de gauche qui font brutalement défaut et font s'effondrer encore un peu plus la cote de popularité du président, note Le Point. Chez les sympathisants PS, François Hollande recule de 52 à 39 % de bonnes opinions (- 13 points).Son Premier ministre Manuel Valls subit lui aussi le mécontentement des Français : 26% de satisfaits (-9% en un mois).

Le terrorisme n’est pas la seule angoisse des Français. Fin 2015, dans un sondage sur leurs principales inquiétudes, le terrorisme , malgré les attentats de Paris tous récents, n’était la principale préoccupation que pour seulement 17,7% de mes compatriotes, loin derrière le chômage (38,3%), et juste devant la peur de la pauvreté (12,1%). Viennent ensuite, la santé (10,6%), la délinquance (9,7%) et fait notable l’appréhension devant le développement du racisme et la discrimination (6,4%). L’environnement malgré la menace d’un réchauffement dramatique de la planète ne recueille que 3,9% des sondés.

L’économie reste donc la préoccupation principale et la politique menée dans ce domaine par le gouvernement Hollande-Valls ne satisfait qu’un français sur 6. Selon un sondage des Echos, en effet, réalisé à la mi-mars, 87% des Français jugent mauvaise ou très mauvaise la politique économique du gouvernement. Selon les mêmes sondés, cette orientation favorise surtout les chefs d'entreprise. Les choix de ce gouvernement de gauche ne convainquent guère son camp. Seuls 13% des Français estiment « plutôt en bonne voie », la politique économique du gouvernement. Et combien d’entre eux voteront pour Hollande en 2017 ?

Un 1er diagnostic trop optimiste

Lorsqu’il a pris son poste en 2012, François Hollande a semblé partagé la vision optimiste de certains économistes : en 2008 /2009, l’économie mondiale avait certes frôlé la catastrophe après une crise financière d’ampleur mais la régulation avait joué et on était en train de renouer avec la croissance. Ce fut en partie vrai dans certaines économies asiatique ou aux Etats-Unis. Ce ne fut pas le cas pour l’Europe qui a vu son économie stagner ; ce fut notamment la cas pour la France qui n’a pas décollé du 0,5%- 1% de croissance depuis. Et la régulation de la sphère financière internationale ne s’est pas faite, laissant surgir à tout moment de nouveaux périls.

Mais pour François Hollande, il fallait avant tout renforcer la trésorerie des entreprises pour favoriser au mieux la reprise de la croissance, et donc obtenir une réduction du chômage. 40 milliards d’euros d’aides ont ainsi été versées aux entreprises, financés pour l’essentiel par des impôts supplémentaires imposés aux ménages. Au résultat : quelques 30 000 emplois seulement ont été crées par ce biais, alors que l’organisation patronale, le MEDEF, en promettait un million, le chômage a augmenté de 700 000 demandeurs d’emploi supplémentaires par apport à 2012, la consommation a baissé. Et au final, beaucoup de mécontents dans toutes les catégories de la population.

Plutôt que de corriger la ligne, François Hollande nomme Manuel Valls, 1er Ministre et Emmanuel Macron au ministère de l’économie. Ces deux jeunes responsables sont connues pour leurs positions très « sociales-libérales ». Dernier avatar de cette orientation, la présentation de la loi El-Khomri du nom de la nouvelle ministre du travail, d’origine marocaine. Les propositions concernant le monde du travail sont toutes, pour leurs adversaires, d’inspiration très « patronale » : pour ses initiateurs, il s’agit, dans cette période de très faible croissance et de très fort chômage de donner le maximum de flexibilité aux dirigeants d’entreprise. Ce projet de réforme a été très vivement contesté dans les rangs de la gauche et par l’ensemble des organisations syndicales et des mouvements de jeunesse. Selon les sondages, 7 Français sur 10 sont opposés à cette réforme et, 1ère dans l’histoire française, une pétition sur le Net qui demande l’abandon de celle-ci a recueilli en moins d’un mois, 1,1million de signatures.

2017 : quelle stratégie pour François Hollande ?

Le président croie certainement que sa politique de redressement économique est la seule issue possible. Des indices récents peuvent le conforter : l’Insee en mars prévoit une petite inversion de la courbe du chômage grâce à une accélération de la croissance. Le taux de marge des sociétés a connu sa plus forte croissance depuis 1986 et du fait d’une inflation zéro, le pouvoir d’achat des consommateurs a connu une certaine embellie. Cela suffira-t-il a convaincre ses électeurs de 2012 et les autres ? Pas évident, avec une croissance qui ne dépassera pas +1,5% dans les prochaines années.

L’autre difficulté, c’est que la prochaine présidentielle se déroulera autour d’un trio. Marine le Pen semble déjà assurée d’être eu second tour. Un primaire déterminera le nom du candidat Républicain. On comptait chez eux, début mars au moins 12 prétendants. Si c’est le nom d’Alain Juppé qui sort du chapeau, François Hollande n’a guère de chance. Si c’est Nicolas Sarkozy, il garde une petite opportunité : Nicolas est aussi impopulaire que François et Marine est encore rejeté par une bonne partie de la population. Bref, un scrutin ouvert mais qui reste à hauts risques.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:08
2ème « Sommet de l’Islam de France » sur fond de terrorisme

Salah Abdeslam, 26 ans, le terroriste « le plus recherché d’Europe » depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015, a été arrêté le vendredi 18 mars à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Le seul survivant de l’équipe djihadiste a été placé en détention provisoire et inculpé de « meurtres terroristes et participation aux activités d’un groupe terroriste ». Poursuivi par plus de huit cent inspecteurs des polices française et belge, l’homme d’origine marocaine, se cachait tout simplement dans un immeuble situé à quelques centaines de mètres de chez ses parents. Il n’avait visiblement pas quitté son quartier d’origine depuis sa fuite de Paris. Ce qui nécessitait pour le moins, de sérieuses complicités à Molenbeck et dans toute la Belgique. Arrêté le même jour, Abid Aberkan, l’un des proches et logeur présumé de Salah Abdeslam, a été inculpé samedi de « participation aux activités d’un groupe terroriste et recel de criminels », ainsi qu’un autre complice, Monir Ahmed Alaaj et Djemilla M., de la famille d’Aberkan a également été interpellé. La police belge est toujours à la recherche de quatre autres personnes. L’attentat qui a eu lieu ce matin à l’aéroport de Bruxelles semble lié à ces arrestations : les explosions auraient fait au moins 21 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Le Sommet de l’Islam au ministère de l’Intérieur français

C’est dans ce contexte particulier mettant en évidence l’existence et l’activité de nombreux réseaux terroristes, disposant d’infrastructures efficaces et de réels relais d’opinion que s’est tenu hier, le second « sommet de l’Islam de France. Manuel Valls qui avait patronné le 1er sommet tenu en juin 2015, a également ouvert le second sommet qui s’est tenu au ministère de l’Intérieure français. Quelque 150 personnalités de l’islam de France se retrouvent à nouveau, ce lundi, place Beauvau. Actualité oblige, c’est au seul dossier, difficile et épineux, de la prévention de la radicalisation qu’est consacrée cette deuxième réunion de l’instance de dialogue avec l’islam. Ces personnalités ont été soigneusement sélectionnées : aucun acteur de la mouvance salafiste n’a été convié.

« Urgence », « inquiétude »… Ouvrant la deuxième réunion de l’instance de dialogue avec le culte musulman, consacrée à la prévention de la radicalisation, Manuel Valls n’a pas caché la gravité de la menace. Le premier ministre a explicitement sollicité l’aide des responsables du culte musulman, soulignant leur « responsabilité majeure » dans cette « lutte sans relâche ».

Les invités ont travaillé dans quatre ateliers : un partage d’expériences de la mobilisation dans les préfectures, où un dialogue s’est établi avec 2000 responsables musulmans, la prévention de la radicalisation en prison, enjeu stratégique, quel discours pour prévenir la radicalisation, les jeunes acteurs de la prévention de la radicalisation. Depuis 2014, des cellules ont été mises en place dans les préfectures. Selon le ministère, elles ont suivi 1 600 personnes, toutes volontaires.

Autre preuve de ce début de mobilisation, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a remis lundi 21 mars un « livre blanc » recensant des propositions concrètes soumises par les principales fédérations musulmanes et l’aumônerie nationale des prisons en amont de cette journée. le CFCM s’est aussi engagé à mieux suivre les écoles coraniques souvent accolées aux mosquées, et dont les programmes souffrent souvent d’une certaine « improvisation », selon les mots d’Anouar Kbibech, président du CFCM, mais également à mieux accompagner les jeunes et les convertis pour les « immuniser » contre l’extrémisme.

#TousUnisContrela Haine

« C’est une radicalisation par rapport à l’islam, donc, nous, musulmans, nous avons quelque chose à dire sur cette question-là, en étant vigilants, en surveillant nos lieux de culte, en surveillant qui les anime, et d’où viennent les sources de la radicalisation », a souligné Dalil Boubakeur, de la Grande mosquée de Paris.

L’un des risques des attentats, et c’est d’ailleurs le calcul des djihadistes de Daesh, est de faire ressurgir massivement le racisme dans les populations françaises. La France a connu une recrudescence de la haine raciste et antisémite l'an dernier. Ces actes et menaces ont bondi de 22% en 2015, avec, notamment pour les actes antimusulmans qui ont plus que triplé en un an, un pic après les attentats de janvier et novembre. Au total, 2.032 actions et menaces racistes, antisémites et antimusulmanes ont été enregistrées. Soit 5 actes par jour en 2015. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, qui se déroule le 21 mars de chaque année, le gouvernement français à lancé une campagne #TousUnisContrelaHaine pour dénoncer les préjugés et provoquer une prise de conscience autour de six spots télévisuels diffusés sur la plupart des chaînes jusqu’au 10 avril.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:23
Réfugiés : divisés et impuissants, les Européens acceptent le pilotage d’Angela Merkel

(article paru sur le site TSA le 20 mars 2019)

Réunis à Bruxelles, le 18 et 19 mars, les 28 pays de l’Union européenne et la Turquie, représentée par son 1er ministre turc, Ahmet Davutoglu, ont signé un compromis, pour le moins sans gloire, sur la question des réfugiés syriens. L’UE, emmenée par la chancelière Angela Merkel, et la Turquie, s’apprêtent à mettre en place un système de "réadmission" sur le sol turc des réfugiés syriens débarqués illégalement en Grèce ou ailleurs. Pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, un Syrien en provenance de Turquie serait réinstallé en Europe. Cette mesure « temporaire et extraordinaire » vise, selon les conclusions du conseil de vendredi, à « casser le modèle économique des migrants » et à « en finir avec la souffrance humaine ». En clair : les Européens renvoient la souffrance en Turquie, oubliant le principe même du droit d’asile, auquel pourtant l’UE est liée par plusieurs traités internationaux. Le grand vainqueur de ce bras de fer est sans nul doute le président turc Reccep Erdogan. Il a tout d’abord obtenu 6 milliards d’euros pour gérer les réfugiés syriens qui se trouvent sur son sol et ceux qui seront expulsés d’Europe. Recepp Erdogan a également obtenu que soit rouverte la candidature d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et tous les citoyens turcs pourront librement circuler en Europe sans visas, dès le mois de juin prochain. Le président de plus en plus islamo-conservateur, conforte également ses positions diplomatique. Il est devenu indispensable à des Européens totalement affolés par le flux migratoire, et ces derniers seront contraints de mettre un bémol aux nombreuses critiques que l’on peut faire à l’actuel pouvoir turc, qu’il s’agisse de l’offensive menée contre les populations kurdes, le soutien apporté à des mouvements islamistes radicaux en Syrie ou la forte réduction actuelle des libertés démocratiques en Turquie concernant notamment la liberté de la presse et d’opinion.

La panique des pays européens de voir enfler le nombre actuel d’1,2 millions de réfugiés syriens actuellement en Europe, les a fait céder au chantage d’Erdogan. « Le marchandage des réfugiés est un marchandage bien sale » commente Can Dündar, un directeur de quotidien turc qui vient juste de sortir de prison, qui explique le chantage exercé par Erdogan à des Européens paniqués : « Si vous ne faites pas ce que je veux, j’ouvre les frontières et vous verrez ce que vous verrez ».

Merkel seule au poste de pilotage

Angela Merkel pilote aujourd’hui seule la politique européenne dans ce domaine, quitte à lui faire adopter ses propres changements de position. Au départ, elle a eu l’attitude courageuse d’ouvrir largement ouvert ses frontières et elle appelé l’ensemble des 28 états membres à faire de même. Sans succès. Inquiétée par les attentats de Paris (Daesh sait exporter ses conflits) et par les réactions populaires de refus de l’accueil des réfugiés en Allemagne et dans l’ensemble de l’Europe, Angela Merkel a opté pour un virage pragmatique. Mais elle négocié seule avec la Turquie sa politique actuelle d’expulsion des réfugiés illégaux. Sans aucunement demander leur avis aux 27 autres états-membres de l’UE. Elle vient de défendre sa politique devant le parlement allemande le Bundestag, tous sourires avec Erdogan : « L’accueil par la Turquie d’environ 2,7 millions réfugiés est exemplaire, a-t-elle déclaré le 16 mars, l’Europe n’a en revanche pas brillé par sa solidarité et une répartition équitable des migrants malgré 28 pays et 500 millions d’habitants. Les propositions ambitieuses du Premier ministre turc montrent que nous sommes arrivés à un moment décisif dans la solution de la crise migratoire ».

Dans les faits, les Européens ont facilement accepté le diktat allemand.les 28 pays viennent de parapher l’accord avec Erdofgan. Durand tout ce processus, la France est restée mutique, les pays de l’Europe de l’Est et l’Autriche avaient déjà fermé leurs frontières, et kl’ensemble de l’UE a laissé la Grèce principal pays d’accueil des migrants syriens , se débrouiller toute seule. Tous les dirigeants européens rêvent secrètement d’un accord avec la Turquie qui pourrait régler enfin la crise migratoire et stopper les dégâts qu’elle provoque dans les opinions publiques. Ce qui est loin d’être acquis.

Réchauffement climatique : encore plus de réfugiés

Par ses divisions, l’Europe a fait une fois la preuve de sa très grande difficulté à agir sur le plan international comme puissance. Elle ne pèse pas dans des conflits qui se déroulent pourtant à ses frontières, comme le Proche-Orient ou l’Ukraine. Souvent incapables de prendre des positions communes, les Européens s’alignent le plus souvent sur les engagements américains. Son échec dans la gestion des réfugiés syriens est d’autant inquiétant que d’autres mouvements importants de populations sont prévisibles dans les décennies qui viennent. La COP 21 qui s’est réunie à paris fin 2015, avait souligné les dangers d’une élévation de 2° à 3° de la température moyenne. Celle-ci entrainerait une désertification croissante de régions en Afrique et au Moyen-Orient avec des déplacements de populations bien plus importants que ceux liés au conflit syrien.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:16
Commémoration du Cessez-le-feu du 19 mars : Hollande vivement contesté par Sarkozy

(Article paru sur le site TSA le 18 mars 2016)

Nicolas Sarkozy a vivement critiqué la commémoration officielle du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie et la présence de François Hollande à la cérémonie. Le Président de la République française a en effet assisté aux cérémonies de la «journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc», devant le mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel.

Alors qu’Alain Juppé ou François Fillon, tous deux « gaullistes » et ses deux principaux rivaux pour la primaire pour les élections présidentielles de 2017, sont resté très discrets, Nicolas Sarkozy est parmi les dirigeants des Républicains, celui qui a la critique la plus aigue avec une tribune parue au Figaro : « Le président de la République et sa majorité ont choisi délibérément le 19 mars, date du cessez-le-feu qui suivit la signature des accords d'Évian pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie. Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cœur d'un débat douloureux, écrit-t-il, Le rapatriement des Français d'Algérie, les victimes des attentats, les exactions contre les harkis, autant d'événements douloureux qui ne peuvent pas être effacés de l'Histoire officielle et rejetés vers le purgatoire de notre mémoire collective. Choisir la date du 19 mars, (…) c'est considérer qu'il y a désormais un bon et un mauvais côté de l'Histoire et que la France était du mauvais côté ». D’autres leaders de droite, notamment des élus du sud de la France où existe un vieil électorat pied noir, ont également protesté. Le Front national tonne encore plus fort. Marine Le Pen s’en est ouvertement pris à François Hollande : « Le président de la République, par sa participation aux commémorations du 19 mars 1962, viole la mémoire des anciens combattants, harkis et rapatriés morts pour la France lors du conflit algérien, accuse l'eurodéputée, On peut choisir n’importe quelle date sauf le 19 mars avait pourtant averti son prédécesseur socialiste François Mitterrand », souligne Marine le Pen. Selon elle, « parce qu’il est le Président de tous les Français, le président de la République ne devrait pas participer à cette commémoration du déshonneur ».

François Hollande n’a évidemment pas voulu entrer dans cette polémique lors de son discours qui rendait hommage aux victimes de la guerre d’Algérie. Il a essentiellement rappelé l’amitié entre les deux pays et le « devoir de mémoire » : « le sens de la journée nationale du 19 mars, c'est d'honorer toutes les souffrances. C'est de rendre hommage aux victimes civiles et militaires tombées. La France et l'Algérie travaillent ensemble pour lever le voile sur ces victimes , a déclaré le chef de l'Etat, alimenter la guerre des mémoires, c'est rester prisonnier du passé, faire la paix des mémoires, c'est regarder vers l'avenir "

Mémoire et règlements de compte

L’historien Benjamin Stora note que « des groupes de mémoire extrêmement nombreux et puissants » se sont formés après la guerre d'indépendance. Harkis, anciens soldats appelés, immigrés algériens en France... « 54 ans plus tard, chacun de ces groupes s'enferme dans son propre rapport au passé, note l'historien. Le risque de la division, de la séparation, de la communautarisation des mémoires est réel ». L’historien voit «un certain courage» dans la volonté de François Hollande «d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française».

Afin de ne pas raviver les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc. Afin de ne pas raviver les passions,

Le choix du 18 mars, date du cessez-le-feu reste donc une date sensible. Et une grande partie de la droite, des associations de harkis et de pieds-noirs reprochent à François Hollande de célébrer une date qui marque le début du massacre de civils et de harkis et non pas la fin du conflit algérien. Certains à droite y voient même un coup du machiavélique Hollande : le 19 mars ? « Le seul intérêt est de raviver de vieilles blessures et de réveiller les désaccords à droite sur la politique coloniale, l'attitude du général de Gaulle et les Français entre eux. Pour qui veut rassembler, ça n’était pas forcement le meilleur moyen. Pour qui veut déchirer la droite, ça va marcher » constate Jean-Marc Sylvestre sur le site Atlantico.
Cette commémoration sensible rappelle surtout aux Français, au moins aux plus anciens d’entre eux, la longue et violente période de la décolonisation pendant laquelle le pays se divisa souvent. Après la lourde défaite de Dien Bien Phu de mai 1954., les Accords de Genève, signés en juillet 1954, consacraient le départ des Français du nord du Vietnam et la division du Viêt Nam en deux. Et le 1er novembre 1954, débutait l’insurrection algérienne.

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