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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 17:31

(Chronique de Paris parue dans le Quotidien d'Oran du 28 juillet 2016)

L’égorgement d’un vieux curé a de nouveau ébranlé les Français. Et l’Allemagne a subi quatre attentats en moins d’une semaine

Mardi 26 juillet 2016, peu avant 10h, deux forcenés sont arrivés dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, une commune de 29 000 habitants située dans l’agglomération de Rouen, à l’heure de la messe matinale vers 9 h 30. Ils ont pris en otage cinq personnes qui se trouvaient à l’intérieur, ont tué un prêtre et grièvement blessé une autre personne. Ils ont donc égorgé le prêtre qui célébrait une messe, Jacques Hamel, âgé de 84 ans. Il avait été ordonné prêtre en 1958. En 2008, il avait fêté son « Jubilé d’or », soit cinquante années de service. En sortant de l’église, les deux preneurs d’otage se sont retrouvés face à face avec des hommes de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Rouen qui les ont tués. L’organisation Etat islamique a revendiqué l’attaque par son organe de communication Aamaq : « Les auteurs de l’attaque contre une église en Normandie sont deux soldats de l’Etat islamique, qui ont mené l’opération en réponse aux appels à viser les pays de la coalition internationale croisée ». Dans une courte déclaration, le président François Hollande a qualifié les deux preneurs d’otages de « terroristes se réclamant de Daesh ». « Nous sommes face à un groupe, Daesh, qui nous a déclaré la guerre. Nous devons mener cette guerre, par tous les moyens, dans le respect du droit, ce qui fait que nous sommes une démocratie », a-t-il ajouté en précisant qu’il n’entendait pas modifier le cadre législatif, refusant ainsi de rentrer dans un « état d’exception » juridique, que réclame notamment Nicolas Sarkozy.

« Faire bloc » ?

Avant un nouveau Conseil de Défense et un Conseil des Ministres, François Hollande a reçu mercredi matin, les représentants des différents cultes religieux qui existent en France, la Conférence des représentants des cultes en France (CRCF, composée des Eglises catholique, orthodoxe, protestante et de représentants de l’islam, du judaïsme et du bouddhisme), « parce que nous devons être ensemble », a expliqué le président. La CRCF s’était notamment associée à l’hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, soulignant alors que « rien ne doit faire renoncer au dialogue en vue de la construction inlassable et confiante d’une société solidaire et fraternelle ». Le Président a appelé la nation française à « faire bloc ». Sera-t-il entendu ? Après l’attentat de Nice (où l’on a appris que 30% des victimes étaient de confession musulmane), on avait au contraire assisté à une immédiate mise en cause du gouvernement socialiste par les formations de droite et d’extrême droite : à neuf mois des futures élections présidentielles françaises, l’opposition a lourdement reproché à l’actuelle majorité de ne pas avoir pris les mesures de sécurité nécessaires pour éviter de nouveaux attentats. Polémiques ineptes puisque par définition, les lieux où peut se produire un attentat sont multiples comme sont infiniment nombreux les moyens d’action des terroristes. Reste à agir sur ces derniers, peu nombreux mais les derniers évènements ont montré qu’il pouvait s’agir de gens peu connus pour une orientation islamiste radical ou qui s’y sont convertis depuis très peu de temps. Le travail de la police n’est donc pas aisé même si l’on a appris que les forces de sécurité françaises avaient réussi à démanteler au début de l’été deux projets d’attentats de masse. Les arrestations n’avaient été rendues publiques pour éviter toute publicité à Daesh et surtout tout effet de panique dans la population française. Mais l’opération sanglante de Nice(84 morts) a évidemment fait remonter l’angoisse générale et donné un certain écho populaire aux mauvaises polémiques sur l’incurie ou tout au moins les manquements des mesures sécuritaires que le gouvernement n’aurait pas ou mal pris. Paradoxalement, la mort d’un seul homme a suscité à nouveau une émotion intense et fait taire un peu les mauvaises polémiques politiciennes. Le fait qu’il s’agisse de l’égorgement d’un vieux curé de village explique sans doute pour beaucoup ce moment d’unité. Dans ce pays à forte tradition laïque, l’un des très rares pays européen qui ne fassent aucune référence à Dieu dans sa constitution, où même l’anticléricalisme a toujours été de bon ton, le meurtre de ce vieil homme d’église a suscité une émotion particulièrement vive. Un moment où le pays sait « faire bloc ». Mais un nouvel évènement tragique, hélas évidemment prévisible, risque de relancer les doutes, les angoisses et également les polémiques. L’histoire montre que les sociétés supportent psychologiquement mieux les situations de guerre pourtant infiniment plus mortifères que ces menaces d’attentats qui peuvent intervenir à tout moment, en tous lieux et frapper chacun et ses proches.

Quatre attentats en Allemagne

Une angoisse que partage aujourd’hui la population allemande. C’est au tour de l’Allemagne d’être la cible de Daesh. Le groupe qui connait de réelles difficultés en Irak et en Syrie continue d’appliquer sa stratégie aussi simple qu’efficace : on exporte les conflits dans les pays de la coalition qui l’affronte et ailleurs, dans un « grand combat des vrais croyants contre tous les croisés et autres impies », on s’implante dans les pays à forte immigration, on fait des attentats, on favorise si possible les réactions racistes des pays d’accueil en pariant ensuite sur une radicalisation des minorités musulmanes…. Würzburg, Munich, Reutlingen, Ansbach... l'Allemagne est confrontée depuis une semaine à une vague d'attaques et d'agressions, ne faisant heureusement pur l’essentiel que des blessés. Les autorités s'efforcent de rassurer la population dans un climat de tension palpable. En une semaine, quatre attentats ou crimes indistincts. Deux ont été revendiqués par Daesh. Une attaque au moins semble avoir été réalisée par un malade mental, chiite d’origine iranienne, converti récemment au christianisme qui était fasciné par un autre massacre de masse exécuté jour pour jour cinq ans auparavant en Norvège par un fou d’extrême-droite, Anders Behring Breivik qui a exécuté en une seule nuit le 22 juillet 2011, 69 jeunes militants sociaux-démocrates. En revanche, trois des quatre agressions qui ont été commis cette semaine en Allemagne ont en commun d'avoir été commises par de jeunes demandeurs d'asile, deux Syriens et un Afghan. C'est ce dernier qui a lancé la série macabre lundi dernier, en blessant à la hache plusieurs passagers d'un train près de Würzburg, au nom du groupe État islamique. L'attaque a provoqué une onde de choc dans un pays jusque-là épargné par les attentats. « C'est dans cet état d'esprit que les Allemands ont été tenus en haleine, vendredi soir, par une fusillade près d'un centre commercial à Munich. Pendant de longues heures, les chaînes d'information et surtout les réseaux sociaux ont tourné en boucle, diffusant des informations, images et vidéos pas toujours authentiques, alimentant ainsi la psychose ambiante », note Deutsche Velle. Avant même que soit révélée l'identité de l'assaillant, certains « observateurs" avaient désigné les coupables, à l'instar d'un responsable régional du parti xénophobe AfD en bonne progression, qui, sur Twitter, remerciait « Angela Merkel pour le terrorisme en Allemagne et en Europe ». La chancelière allemande paye aujourd’hui une politique d’accueil des réfugiés syriens et plus généralement d’une ouverture à l’immigration. L’Allemagne a accueilli en deux ans quelques 1,1 millions de réfugiés. Les raisons de cette ouverture n’étaient pas que généreuses : l’Allemagne a une démographie négative. Sans apport migratoire, la population active allemande risque de chuter de moitié d’ici à 2050. Un risque que ne pas prendre la 1ère puissance économique européenne. Angela Merkel a donc décidé seule et sans aucune consultation de ses 26 autres partenaires de l’Union européenne, d’ouvrir largement ses frontières. Le problème est d’ailleurs général : en 2015, pour la 1ère fois dans l’histoire du Vieux continent, le nombre de décès a dépassé le nombre des naissances. Pourtant l’Union européenne a vu sa population globale croître de presque 2millions d’habitants passant de 508,3 millions au 1er janvier 2015 à 510,1 millions au 1er janvier 2016 grâce à l’appoint migratoire. Mais la décision très solitaire et très volontariste d’Angela Merkel a suscité beaucoup de réserves chez ses partenaires européens parce que sa politique d’accueil très ouvert aux réfugiés, notamment du Moyen-Orient soulevait à tout le moins deux problèmes. Le 1er, à moyen terme, est l’intégration réussie de ces populations, sans heurter les populations d’accueil. Le second, à beaucoup plus court terme, était la crainte que Daesh ou d’autres groupes islamistes radicaux s’infiltrent dans ce flot de réfugiés pour porter la guerre sur le terrain même des « croisés » occidentaux. Ce qui, évidemment s’est produit…

Angela Merkel sous les critiques

Selon de récents sondages, les intentions de vote en faveur du bloc conservateur de la chancelière allemande Angela Merkel (CDU/CSU) sont en recul de 2,5 points, à 32,5%, soit leur plus bas niveau depuis 2013. Une avance bien plus confortable toutefois que les sondages concernant son partenaire François Hollande. Mais la chancelière Angela Merkel est sous pression. Sa politique sur les réfugiés est aussi bien critiquée par son partenaire de coalition, le SPD, le parti social-démocrate, que par les conservateurs de la CSU qui dirigent notamment la riche Bavière qui a vécu deux des attentats récents, et dans son propre parti, le CDU. Au sein même de l'alliance conservatrice CDU/CSU, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer la fin de sa politique d'ouverture face au flux continu d'immigrants et de demandeurs d'asile. « Rarement, un gouvernement a perdu autant de capital confiance en si peu de temps! » constate la Frankfurter Rundschau. Et rarement aussi un gouvernement n'a rien pu faire pour rétablir cette confiance perdue. Rien n'avance vraiment dans le plan d‘Angela Merkel pour résoudre le dossier sensible des réfugiés au moyen de sa politique extérieure: ni la paix en Syrie, ni le contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne, ni l'amélioration des infrastructures dans les camps de réfugiés proches des zones de conflits. Vaincue après deux conflits mondiaux, divisée en deux pays, sans empire colonial, l’Allemagne a, par les faits, évité les drames de la décolonisation et joué la carte d’une certaine neutralité dans les tensions internationales. La chute du communisme russe lui a permis de réunifier sa nation et de conforter sa puissance de son économie, la 1èereen Europe. La politique étrangère allemande était connue pour l’extrême prudence de ses prises de position et l’armée allemande, la Bundeswehr n’intervenant pas ou très peu à l’extérieur et toujours sous mandat de l’ONU. La donne a changé avec le rapprochement des anciens pays communistes de l’Europe de l’Est qui, sauf quelques exceptions dans les Balkans, ont tous intégrés l’UE. Et Berlin qui a toujours considéré avec un peu de mépris les difficultés de ses proches voisins de l’Europe du Sud, préférant ainsi punir l’été dernier la Grèce plutôt que l’aider, vient de prendre brutalement conscience que l’Union européenne a pour proche voisin le Moyen-Orient, avec tous les problèmes qui vont avec… Dans une autre région toute proche, la progression des extrémistes islamistes en Libye représente une menace pour l'Europe et pourrait donner lieu à un nouvel afflux de réfugiés : c'est un avertissement lancé très récemment par la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen qui n'exclut pas l'envoi d'un détachement de la Bundeswehr, l'armée allemande en Libye… « Cela ne peut être dans l'intérêt de l'Allemagne de ne pas soutenir un gouvernement qui s'efforce d'établir la stabilité en Libye; ou encore moins de regarder en spectateur comment un axe de la terreur est en train de se constituer, qui menace de plus en plus de larges régions d'Afrique et qui poussent leurs populations à émigrer », commente le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 17:20

(Chronique de Paris publiée le 21 juillet 2014 dans la Quotidien d'Oran)

84 morts, écrasés par un camion fou et assassin. Des dizaines de blessés. Une quinzaine encore entre la vie et la mort Ce qui me restera en mémoire, ce sont les enfants qui ont été les victimes de ce véhicule de 19 tonnes, un soir de 14 juillet. La nuit, sur la « Promenade des Anglais », à Nice, le long de la Méditerranée, la mer du « milieu », notre « mer commune », entre l’Europe, l’Afrique et l’Orient. Ce massacre est le fait d’un franco-tunisien, chauffeur de poids lourds de métier, du nom de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Le quotidien Libération nous apprend que sa famille est, depuis des siècles, honorablement connue à Msaken, au sud de Sousse. Les proches interrogés par le quotidien, se disent horrifiés et consternés par l’acte du rejeton qui d’après eux n’était que peu religieux, encore moins djihadiste. Il n’était connu des services de police français que pour avoir régulièrement battu sa femme qui avait demandé le divorce. Tout cela n’a pas empêché Daesh de revendiquer a posteriori l’attentat de masse et de conférer au défunt Bouhlel, le titre et grade de « soldat du califat ». Il est vrai que l’apparent terroriste amateur a parfaitement réussi son opération sanglante. D’abord par le choix du mode opératoire, une première tout au moins en France : l’écrasement par un poids lourd lancé dans une foule, tuant en quelques minutes 84 personnes. Le choix du lieu, ensuite : la « Promenade des Anglais », en bord de mer à Nice, est mondialement connu comme site touristique, emblème du luxe de la Cote d’Azur. La date enfin, le 14 juillet, la fête nationale française. Le jour renvoie à deux évènements, le 14 juillet 1789, c’est la prise et la destruction de la Bastille, une prison, symbole du pouvoir royal alors incarné à l’époque par Louis XVI, et le 14 juillet 1791, date de naissance de la République française.

Les Français s’enfoncent dans le pessimisme

Le choix de la date a encore amplifié la consternation. Ce troisième attentat de masse a rudement secoué la société française, incrustant l’inquiétude et le sentiment rampant que tout endroit en France pouvait être le lieu d’une nouvelle agression. Le 14 juillet au soir était de surcroit une sorte de clôture symbolique d’une longue période d’appréhension. La France a en effet accueilli l’Euro 2016 de football et l’on redoutait que les nombreux matchs qui ont accueilli un vaste public français et international, soient une cible de choix pour Daesh actuellement en difficulté et en recul en Syrie et en Irak. Un très important dispositif policier avait été mis en place pour protéger ces nombreuses manifestations sportives. C’est donc avec soulagement qu’on avait vu le dernier match (avec certes, une défaite de l’équipe française !) se déroulait sans incident notable. Le 14 juillet était l’autre évènement qui alimentait un certain nombre de craintes puisque des cérémonies, défilés et bals étaient organisés dans les quelques trente mille municipalités françaises. Toute la journée s’était passée normalement sans problème notable jusqu’à ce qu’interviennent tard dans la soirée ; les premières dépêches et alertes dans les radios et télévisions sur ce qui était en train de se passer à Nice… Côté population française, celaa ne va pas relever un niveau de confiance déjà très bas. Les Français étaient déjà, d’après plusieurs études internationales, les champions du monde du pessimisme. Sur fond d’un chômage récurent aux alentours de 10% de la population active, ils sont particulièrement inquiets devant la dégradation continue de la situation économique. L’an dernier, quelque 80 % des Français âgés de 15 à 30 ans n’étaient pas « confiants » vis-à-vis de la « situation économique du pays dans les dix prochaines années », et 83 % ne l’étaient pas plus sur « l'état de la planète » dans la décennie à venir. Ce n’est pas pour rien si la France est l’un des pays qui consomme le plus de psychotropes au monde, rappelle le quotidien français du même nom. En effet, d’après une étude récurrente du cabinet Pew Research Center, publiée en juillet 2015, les Français apparaissent en effet toujours aussi pessimistes quant à leur avenir et celui de leur pays. A la question « Dans les 12 prochains mois, comment pensez-vous que la situation économique de votre pays va évoluer », 20% des Français répondent qu’elle va s’améliorer, contre 38% qu’elle ne changera pas et 42% qu’elle va s'empirer. Un record de défaitisme parmi les pays développés ! A l’inverse, les Israéliens, les Espagnols et les Britanniques sont respectivement 47%, 42% et 38% à penser que leur pays ira mieux l’année prochaine. Des chiffres néanmoins sans commune mesure avec les pays émergents et en voie de développement où les habitants sont, en moyenne, 40% et 58% à être optimistes à propos de la conjoncture économique dans leur pays, contre 25% parmi les nations occidentales. Dans certains pays, c'est même l'euphorie générale. Au Nigéria, 92% de la population est confiante. En Chine et en Ethiopie, c'est 84% ! « Pire, alors que la jeunesse est généralement porteuse d’espoir et de dynamisme, en France, les 18-29 ans sont plus inquiets que les plus de 50 ans », poursuit le Monde : seulement 16% des jeunes pensent que l’économie va s’améliorer contre 24% des seniors. Il n’est alors plus très étonnant de constater qu’un très faible nombre de Français (14%) pensent que leur progéniture vivra mieux qu'eux. Là encore, l'Hexagone détient la palme du pessimisme parmi les pays riches, devant l’Italie et le Japon où respectivement 15% et 18% estiment que leurs enfants vivront dans de meilleures conditions qu'actuellement. A l'inverse, plus de la moitié des habitants dans les pays émergents et en voie de développement estiment que la prochaine génération aura une vie plus confortable et heureuse. On n’imagine les chiffres effrayants qui pourraient être publiés, si le cabinet Pew Research Center a réalisé une poursuite de son étude en juillet 2016, quelques jours après l’attentat de Nice…

Polémiques stériles

Une commissaire de police, responsable syndicale de sa profession faisait, aux lendemains des attentats, justement remarqué au lendemain de l’attentat de Nice que même l’hypothèse de 50 000 policiers supplémentaires n’aurait eu guère de chance d’éviter un attentat de masse de type Nice. Les cibles potentielles sont en effet infinies et les modalités potentielles d’action des terroristes toutes aussi nombreuses. Une voiture, voire une moto piégées peuvent se révéler infiniment dangereuses. En appelant à « l’unité nationale » dans cette période particulièrement difficile, François Hollande a été à la hauteur de son mandat de président de la République française. On est beaucoup plus consterné par les réactions à chaud de son opposition de droite. Il est vrai que l’élection présidentielle approche… Au micro de RTL, Alain Juppé a ainsi déclaré que « si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu (...) Il faut prendre toutes les mesures nécessaires pour intensifier notre lutte contre la guerre qui nous a été déclarée par l'État islamique ». L'ancien maire de la ville de Nice, Christian Estrosi, expliquait que « pour l'instant, l'heure est au deuil mais je sens en moi une colère qui monte (…) Les Niçois, les Français, sont en droit d'attendre des réponses très claires de la part du gouvernement ». Henri Guaino, l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, a aussi attaqué le gouvernement en assurant qu'il suffit de « mettre à l'entrée de la Promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et puis il arrêtera le camion de 15 tonnes". Contrairement aux attentats du 13 novembre, l'unité nationale ne s'est pas mise en place au sein de la classe politique. Invité sur TF1, Nicolas Sarkozy a même été jusqu'à affirmer que « tout ce qui aurait dû être fait depuis dix-huit mois ne l'a pas été ». Hier à l’Assemblée nationale qui devait voter la prolongation de l’état d’urgence pour six mois supplémentaires, le spectacle était hélas, dans la salle. Beaucoup ont profité de la tribune pour reprocher au gouvernement de « jouer petit bras » en matière de lutte contre le terrorisme, comme Charles de La Verpillière (Les Républicains, Ain). « Vous n’avez pas réussi à protéger les Français, ce n’est pas un procès personnel, mais un constat », a quant à lui lancé Eric Ciotti (député LR des Alpes-Maritimes) à Manuel Valls, estimant que « le contrat social est rompu » et que « la confiance envers ceux qui nous dirigent est irréversiblement brisée ». Pour le député sarkoziste des Alpes-Maritimes, « c’est la guerre civile ou l’aventure extrémiste qui nous guette ». Consternant. Malgré les tensions et les points de discorde, le projet de loi a finalement été approuvé à la quasi-unanimité, à 489 voix contre 26 et 4 abstentions. La communauté arabo-musulmane très inquiète Si personne ne peut savoir quelles seront les conséquences électorales de cet « état de semi-guerre », il y a fort à craindre que Marine le Pen et le Front national, déjà assurés d’être au second tour des futures élections présidentielles, soient les grands gagnants de cette terrible affaire. Un contexte qui n’est pas sans vivement inquiéter l’importante communauté arabo-musulmane française. Sur les sites Internet des organisations représentant les musulmans de France, des condamnations de l'attentat de Nice ont été très vite publiées. De l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), en passant par la Conférence des imams, des condamnations unanimes de « l'horreur » touchant leur pays. Ces organisations désapprouvent fermement Daech, qu'ils refusent d'affilier à l'islam. Samedi 16 juillet, 25 imams des Alpes-Maritimes sont aussi allés déposer une gerbe sur la promenade des Anglais. Le lendemain, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, a fait de même. Le Nîmois Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie et représentant du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dit son « dégoût », « abasourdi, consterné ». Le CFCM a d'ailleurs appelé les mosquées à effectuer, vendredi, une prière pour « les morts et pour le rétablissement des blessés ». « Et si la réaction de rejet est unanime, l'inquiétude pour l'avenir l'est aussi , note Caroline Froelig du quotidien régional Midi-Libre, alors que les chiffres du premier semestre 2016 sur les actes islamophobes seront connus le 20 juillet, et dans un contexte d'appels à la haine de militants d'extrême droite sur les réseaux sociaux, beaucoup redoutent que les choses dérapent. Les prochaines campagnes électorales sont aussi attendues avec crainte ». Face à ces menaces, l'imam de Drancy, président de la Conférence des imams, Hassen Chalghoumi, estime que les musulmans doivent changer d'attitude : « Il faut qu'ils s'expriment ! ». Il estime que si l'État doit se montrer plus ferme à l'égard de tous les radicaux - religieux comme politiques -, ses coreligionnaires, eux, doivent faire preuve de clarté : il y a un « travail à mener au sein de l'islam ». Tous se retrouvent une dernière fois pour appeler à « l'unité nationale », Abdallah Zekri rappelant : « Le but de Daech est de nous diviser. Soyons plus intelligents qu'eux ».

Guerre à Daesh et amnistie

Daesh a déclaré la guerre au monde entier. Le monde entier veut aujourd’hui la peau de ce groupe islamiste radical sadique, y compris aujourd’hui certains états qui ont eu plus que des faiblesses hier à son égard comme l’Arabie saoudite, Koweït ou la Turquie d’Erdogan (qui vient de se taper un mini putsch d’une partie de son armée). Daesh va donc inévitablement perdre. Quand ? On ne sait pas. Mais la suite est à peu près inéluctable. Restent les « combattants » de cette secte. On estime que 2500 français ont rejoint Daesh en Syrie et en Irak. L’expérience algérienne, infiniment plus douloureuse que les évènements français actuels, nous montrent la voie d’une solution. L’amnistie, sous conditions bien sûr, mais l’amnistie pour tourner la page et éviter de transformer ces crétins ensanglantés de soldats perdus en autant de commandos-suicide.

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 16:57

 

 

Après mon déménagement (ne déménagez jamais !) et beaucoup d'heures, jours, semaines à cette rude tâche de déménagement / aménagement, j'ai repris mes contributions dans la presse.

Hélas, à l'occasion des évènements tragiques de Nice.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 18:02
Interruption momentanée

Interruption momentanée : Le rédacteur du blog ne travaillera pas beaucoup au courant du mois de juin . Il quitte la capitale pour s'installer à Nîmes.

Déménagement. Grands dieux ! Qu'est-ce qu'on peut accumuler comme bouquins...

A Nîmes, j'ai comme vague projet d'organiser un festival du masque (africain, asiatique, européen...)

Autre projet en germination, un grand site net sur la pauvreté.

Chers lecteurs, chères lectrices (à ma grande surprise, vous commencez à être un peu nombreux), je vous embrasse et je reprend l'écriture début juillet.

Amicalement,

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 17:57
La reprise de Fallope, moment-clé d’une vaste offensive internationale contre Daesh

(Article paru sur le site TSA le 30 mai 2016)

Les forces irakiennes sont entrées dans la ville de Falloujah, aux mains des djihadistes de l'EI. L'offensive pour reprendre la ville située à 50 km de Bagdad a été lancée il y a une semaine.

En janvier 2014, Falloujah est devenue la première ville irakienne à tomber sous le contrôle de Daesh, six mois avant que le groupe ne proclame l'avènement d'un « califat » sur les territoires conquis, à la faveur d'une attaque éclair dans le nord et l'ouest de l'Irak ainsi qu'en Syrie : Falloujah a servi de base aux djihadistes pour lancer leur vaste offensive qui avait permis au groupe Etat islamique de s'emparer de vastes régions d'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du pays, toujours sous son contrôle. Au nord de l’Irak, les forces peshmergas kurdes ont d’ailleurs lancé de leur côté depuis dimanche une offensive pour reprendre à l'EI le contrôle de secteurs à l'est de la ville de Mossoul, principal bastion djihadiste en Irak.

Daesh riposte aux offensives par des attentats

L’Etat Islamique fait face à une double offensive terrestre et aérienne contre ses fiefs en Irak et en Syrie, avec l’appui militaire de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis et celui de la Russie. Ces assauts sont les plus importants depuis l’annonce par l’EI du «califat» autoproclamé à l’été 2014 à cheval sur les deux pays.
En Syrie, à la fin de la semaine dernière, quelques 150 raids de la Coalition ont été réalisés en trois jours en appui à un assaut terrestre majeur sur différentes zones contrôlées par Daesh. Sous le coup, vendredi, d'un puissant assaut dans la province de Raqa en Syrie, le groupe djihadiste État islamique est donc sur la défensive dans les deux pays qu’il contrôle en partie. Parallèlement, l’offensive se mène également en Lybie où les forces loyales au gouvernement libyen d'unité nationale ont dit dimanche chercher à encercler la ville de Syrte, bastion libyen de l’EI. Ces forces sont majoritairement composées de combattants venues de la ville de Misrata, dans l'ouest de la Libye. Ces "brigades de Misrata" avaient quitté Syrte l'été dernier, laissant le champ libre à l'Etat islamique.

Daesh à la défensive, riposte surtout en multipliant les attentats. Hier, au nord-est de Bagdad hier, un kamikaze s'est fait exploser dans un lieu fréquenté par des jeunes Irakiens, faisant sept morts. En Syrie, les zones contrôlées par Bachar el-Assad ont été frappées le 23 mai par une série d’attentats qui ont fait 148 morts. Par ailleurs, au Yémen, autre terrain des djihadistes, L’EI a revendiqué un sanglant double attentat au Yémen, qui a fait au moins 41 morts en visant de jeunes recrues de l’armée à Aden.

Polémiques russo-turques

L'armée turque a tué au moins 28 djihadistes de l’EI lors de pilonnages intervenus dimanche au nord de la grande ville syrienne d'Alep. La nouvelle a été largement communiquée par le gouvernement turc. Il est vrai que récemment la Russie a remis au Conseil de sécurité de l’ONU, quatre rapports de ses services de renseignements apportant la preuve, selon ces derniers, de l’aide importante apportée par la Turquie à Daesh dans les domaine du commerce illégal d’hydrocarbures et du trafic d’antiquités, de la livraisons d’armes à l’EI et celui des appuis d’Ankara au recrutement et au transfert en Syrie de combattants terroristes étrangers : 9000 auraient ainsi transité par la Turquie.

Ces rapports mettent également en cause dans la livraison d’armes à Daesh, les Etats-Unis eux-mêmes ! John Kerry a cependant assuré à son homologue russe que les armes livrées par le Pentagone en avril à Al-Qaïda et à Daesh l’avaient été en vertu d’un ancien programme aujourd’hui abandonné. Les armes avaient été ainsi transmis à un groupe opposant de Bachar, l’Armée de l’islam qui les avait ensuite recédé à l’EI.

La Russie qui avait unilatéralement en février dernier décrété un retrait de ses troupes, a décidé de revenir avec ses forces aériennes sur les différents fronts syriens : le porte-avion Amiral Kuznetsov devrait être ainsi déployé en juillet.

Sur le fond, les deux grandes puissances divergent toujours sur les suites à donner au processus de Genève. On pourrait se diriger vers l’arrêt des négociations internationales dans la ville suisse et la reprise de discussions intra-syriennes sans les pro-Saoudiens et incluant les Kurdes.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:16
L’Europe s’inquiète du flux continu de réfugiés sur fond de dramatiques naufrages

(Article paru sur le site TSA, le 27 mai 2016)

L’Office français pour la protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) a enregistré au premier trimestre 2016, 20 000 demandeurs d’asile contre un peu plus de 17.000 au premier trimestre 2015, année de tous les records, soit une hausse de 16%. Nouveau phénomène symptomatique des situations très difficiles des migrants, l’accroissement des mineurs étrangers isolés : ils étaient 9 970 sur l'ensemble du territoire fin 2015, précise le ministère de la Justice. En 2016, 2 157 nouveaux arrivants ont de surcroît été confiés par décision judiciaire après évaluation. «Les mineurs étrangers isolés représentent désormais entre 10 % et 20 % du public de l'Aide sociale à l'enfance», indique-t-on à l'ADF (Assemblée des départements de France), qui crie à l'asphyxie, rapporte Le Figaro. Face à cet afflux, l'État concède depuis 2013 une aide à hauteur de 250 euros par jeune sur cinq jours, le temps de l'évaluation. Un montant « dérisoire » pour l'ADF, qui renvoie la responsabilité de l'addition - estimée par certains élus à un demi-milliard d'euros - à l'État ayant « la main sur la politique migratoire ».

Les autorités françaises de leur côté signalent une augmentation de 80% des immigrés clandestins en provenance d’Italie.

Un nouveau naufrage

Les survivants du naufrage mercredi d'un bateau de migrants, comptant au moins 650 voyageurs, au large de la Libye, dont un premier bilan avait fait état de cinq victimes, ont évoqué à leur arrivée en Italie la possibilité d'une centaine de morts, selon l'OIM (Organisation internationale pour les migrations). Le naufrage le plus meurtrier reste celui d'avril 2015 quand un autre chalutier avait chaviré, faisant quelque 700 disparus.

Les autorités italiennes ont annoncé lundi avoir participé au sauvetage lors des dernières 24 heures, de plus de 2600 migrants qui tentaient d'atteindre l'Europe par la Méditerranée à partir des côtes d'Afrique du Nord.

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), rattaché à l'ONU, recense jour après jour les mouvements des populations en détresse, notamment en Méditerranée. L’instance fait état de 1375 noyés ou disparus depuis le 1er janvier. En comparaison, 330 migrants avaient péri en mai 2014 en Méditerranée, et 95 en mai 2015. Depuis le début de l’année, près de 200.000 personnes sont arrivées en Europe, dont plus de 190.000 par la mer. Parmi ces derniers, 156.000 migrants sont entrés via la Grèce et plus de 34.000 par l'Italie. On note cependant une inflexion en avril avec «seulement » 12.611 arrivées par la Méditerranée.

Bras de fer entre l’UE et la Turquie

Du côté de la Grèce, la flux des migrants en provenance de Syrie, dépend essentiellement des autorités turques qui menacent de remettre en cause « l’accord » intervenue avec l’Union européenne. Ankara menace de rouvrir les vannes si la Turquie n’obtient pas la totalité des contreparties qu’elle demandait. Le président turc avait lundi, averti l'Union européenne qu'Ankara bloquerait l'application de l'accord sur les migrants si aucun résultat n'était obtenu concernant l'exemption de visa pour ses compatriotes d'ici au 30 juin. Il semble de moins en moins probable que la Turquie obtienne gain de cause dans cette affaire depuis que Recep Tayyip Erdogan s'est opposé à un assouplissement de la loi antiterroriste turque (qui s’applique surtout aux opposants à Erdogan), l'une des 72 conditions posées par Bruxelles.

Lundi, Angela Merkel avait réaffirmé la nécessité de remplir tous les critères avant une telle exemption, estimant que « les conditions ne seront pas encore remplies » à cette échéance. « J'ai clairement dit que la voie vers l'exemption de visa passait par 72 points », a souligné la chancelière allemande après une rencontre avec le président turc. « Nous avons besoin de la mise en œuvre de ces points pour accorder l'exemption de visa ».

Depuis l'entrée en vigueur de l'accord, 325 migrants arrivés en Grèce ont été renvoyés en Turquie et 103 réfugiés syriens réinstallés dans l'UE, selon les chiffres officiels de la Commission européenne. L'ONG Amnesty International estime que la Turquie n'est pas un « pays sûr » pour les réfugiés et accuse Ankara d'avoir renvoyé des dizaines de personnes en Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 270 000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:19
19 mars : Hollande relance le débat sur la commémoration de la guerre d’Algérie

(Article paru sur le site TSA, le 25 mai 2016)

François Hollande qui avait participé le 19 mars dernier aux cérémonies célébrant le cessez-le feu signé après les accords d’Evian, revient, sans pour autant la remettre officiellement en cause, sur le choix de la date : « Quand je dis “les drames”, c'est aussi bien ce qu'il s'est passé à travers la répression, la torture, (et) ce qu'a été une somme de violences à l'égard du peuple algérien qui était colonisé (...). Mais il y a aussi des massacres qui ont eu lieu. Quand on parle du 19 mars, on sait (que) c'est la fin de la guerre d'Algérie, mais c'est aussi le début d'un certain nombre de massacres, dont les pieds noirs ou les harkis ont été victimes ».

Les accords d'Évian, censés mettre un terme à la guerre, sont conclus le 18 mars 1962 entre le gouvernement français et le FLN. Un «cessez-le-feu» est prévu en Algérie à partir du lendemain, le 19 mars. Et, le 8 avril, les Français, invités par de Gaulle à se prononcer sur les accords d'Evian, les approuvent massivement (90,7% de oui). Les attentats sanglants de l'OAS qui se poursuivent, contribuent néanmoins au chaos en Algérie. Le 26 mars, à Alger, des soldats français ouvrent un feu nourri sur une manifestation de Français d'Algérie rue d'Isly. Les harkis, désarmés sur instruction de paris connaissent une violente répression de la part des nouvelles autorités algériennes. L’indépendance n’intervient que le 5 juillet, accélérant encore le départ de la population pied-noir.

Un choix de Jacques Chirac

Depuis 2003 et sur décision de Jacques Chirac, alors président de la République- une «journée nationale d'hommage aux «morts pour la France» pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie» était organisée le 5 décembre. Cette date ne fait référence à aucun événement de la guerre d'Algérie. Des parlementaires de gauche militaient de longue date pour le choix du 19 mars. Une proposition de loi en ce sens avait été adoptée le 22 janvier 2002 par l'Assemblée nationale alors que Lionel Jospin était premier ministre.

Mais la date du cessez-le-feu du 19 mars faisait l’impasse, pour ses opposants aux nombreuses victimes civiles et militaires qui ont eu lieu après cette date en 1962 en Algérie. «On peut choisir n'importe quelle date sauf le 19 mars», avait averti, à l'époque, François Mitterrand, qui a toujours été opposé à l'officialisation de cette commémoration. En revanche, la Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie (Fnaca), plutôt à gauche et qui revendique 350 000 membres, milite de longue date en faveur du 19 mars. Sa position se fait l'écho du sentiment de nombreux appelés du contingent, qui ont vécu le «cessez-le-feu» de mars 1962 comme un immense soulagement. Du côté algérien, cet anniversaire du cessez-le-feu marque également la dernière étape avant l’indépendance.

François Hollande avait participé à la célébration du cessez-le-feu, le 19 mars dernier, premier président de la République à assister à cette commémoration, à la grande colère des associations de rapatriés et de harkis. L’opposition de droite avait également protesté même si Nicolas Sarkozy, quand il était président, ne l’avait pas remis en cause.

Un débat qui ne passionne plus en France

L’éloignement des événements de la guerre d’Algérie, les bonnes relations des deux pays, l’existence en France d’une grande communauté franco-algérienne intégrée, font que la polémique sur le choix de la date ne passionne plus guère. Et le point de vue des français s’est beaucoup apaisé. Déjà, lors d’un sondage demandé par l’Humanité en 2002, pour le 40ème anniversaire de l’indépendance, sept Français sur dix (71%) estimaient que le gouvernement a eu tort de mener la guerre de pacification de 1954 à 1962 en Algérie. La moitié des Français (50%) trouvaient justifiée la demande faite aux autorités françaises d'une « condamnation solennelle de la responsabilité du gouvernement de l'époque » tandis que 45% se déclarent opposés à cette condamnation. Un sondage en 2010 montrait que 66% des Français avaient l’impression que tout n’a pas été dit sur la guerre d’Algérie, notamment les plus jeunes (76% des 18-24 ans partagent cet avis). La même enquête soulignait que la fracture sur l’histoire de la France en Algérie est politique, entre des sympathisants de gauche qui sont sensibles à l’idée de repentance (50% y sont favorables contre 47% opposés) et des sympathisants de droite qui la récuse (26% y sont favorables contre 67% opposés). En 2014, un autre sondage révèle que deux tiers des Français estiment que la fin de la colonisation a été une bonne chose pour l’Algérie (68%) et pour la France (65%).

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:08
Loi Travail : la contestation sociale se mue en crise politique

(Article paru sur le site TSA, le 25 mai 2016)

La contestation de la loi Travail défendue par le gouvernement, voit sa contestation sociale s’amplifier et peut déboucher sur une vraie crise politique. Ce matin, les CRS sont intervenus sur le centre pétrolier de Douchy-le-Mines dans le Nord de la France, l’une de la dizaine d’installations énergétiques actuellement occupées, pour y déloger les grévistes. Mais les nombreuses interventions des forces de l’ordre ne réduisent pas pour autant une contestation sociale grandissante et surtout qui résiste à l’usure du temps. La France est paralysée, ce qui menace même l’organisation du prochain Euro 2016 de Football qui va se dérouler dans le pays ! Parti du secteur public (et notamment les transports, SNCF, RATP) et de la Fonction publique (pourtant peu concernée par cette réforme), le mouvement gagne aujourd’hui de nombreux secteurs du privé : les chauffeurs routiers, les pilotes d’Air France, les taxis et même les tenanciers des bureaux de tabac ont rejoint le mouvement ! Toutes ces catégories sont plus ou moins concernées par cette loi mais profitent surtout de ce mouvement social pour rappeler leurs propres revendications.

Un loi sociale très libérale

Qu’est ce que la loi El Khomri, du nom de la ministre du Travail qui l’a proposé ? C’est pour l’essentiel une reprise de la vieille doctrine libérale (défendue par les précédents gouvernements de droite qui ont précédé le quinquennat de François Hollande) : face à un chômage peu compressible (10% des actifs français) et d’une croissance très molle, il faut redonner de la souplesse aux entreprises, alléger les protections du Code du Travail, et surtout faciliter les licenciements d’aujourd’hui, pour reconstituer les marges et créer les conditions de la création des emplois de demain. Vieux couplet lancé par le chancelier allemand Helmut Schmidt, il y a 40 ans…

Dans le détail de la Travail, c’est surtout des licenciements facilités des indemnités moindres, des prérogatives syndicales limités, des accords d’entreprise hors des contraintes légales…

La loi Travail dès sa présentation fait surgir une vaste protestation. Depuis plusieurs mois, les sondages indiquent avec constance que 80% des salariés y sont opposés de même que les trois quart des Français, actifs ou non. Depuis plusieurs mois d’imposantes manifestations se déroulent dans les principales villes françaises surtout orchestrées par les syndicats CGT et Force ouvrière après le retrait de syndicats plus modérés (CFDT). Mal préparée, peu expliquée, la loi El Khomri a surtout fortement déplu à l’électorat de gauche et désarçonné par son aspect très libéral, un grand nombre de parlementaires socialistes. « Ce que Sarkozy n’a pas osé faire, Hollande le fait en pire » est la rengaine répété à l’infini dans toute les manifestations et l’avis est souvent partagé, discrètement ou non, par un grand nombre d’élus de gauche.

Hollande et Vals en difficulté

A tel point que la gouvernement Hollande pour contourner la grogne des députés de sa propre majorité, a du recourir à un procédé d’autorité, le 49-3, pour simplement pouvoir présenter sa loi à la discussion parlementaire. Celle-ci se déroulera jusqu’à la fin juin, période qui sera occupée par de nouvelles protestations. Le gouvernement avait parié sur une usure de la mobilisation sociale. Celle-ci semble ces derniers jours s’amplifier, certaines manifestations étant émaillées d’incidents violents.

L’affaire tombe mal pour François Hollande et Manuel Valls. « Ca va mieux » : il y a quelques semaines, le président de la République s’étant beaucoup répandu dans les médias pour valoriser la très légère amélioration de la conjoncture économique française. Il n’a pas été entendu. Son 1er ministre, très volontaire, voire cassant, voit son autorité très contestée, y compris dans les rangs parlementaire de sa propre majorité.

Comment en sortir ? Après le retrait des mesures sur la déchéance de la nationalité, il parait difficile que le gouvernement fasse un nouveau recul mais sa décision de ne pas retirer la loi Travail du débat parlementaire peut déboucher sur une vraie crise politique.

L’opposition de droite qui s’étant tant moqué des difficultés du couple Hollande-Valls commence également à s’inquiéter de la colère des Français. Tous les candidats à la primaire de la droite proposent des solutions sociales infiniment plus radicales que l’actuelle loi Travail et face à la très grande colère actuelle des Français, les postulants à la présidence de la république prennent peu à peu conscience de l’extrême difficulté qu’ils rencontreront, en cas de victoire aux présidentielles, à appliquer leurs réformes sociales.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:04
 Valls en Israël pour relancer le processus de paix

(Article paru dans le Quotidien d'Oran le 26 mai 2016)

En visite, le 1er ministre français a tenté de convaincre Netanyahou de l’intérêt de la conférence de Paris qui débute le 3 juin

Le 1er ministre français Manuel Valls a fait une visite de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens. L’objectif ? Tenter après 68 ans de conflits, de relancer un processus de paix israélo-palestinien que les différents gouvernements qui se sont succédés à Tel-Aviv refusent avec obstination.

La visite du leader français fait suite au même voyage, la semaine précédente de Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaire étrangères. Ce dernier avait il y a quelques semaines, pris l’initiative d’une relance du processus de paix, au point mort depuis l’échec en avril 2014 d’une tentative américaine, et alors que les territoires palestiniens occupés par Israël sont secoué par une vague de violence et de répression depuis octobre.

La France tente de mettre sur pied une conférence internationale, dont elle s’emploiera à jeter les bases lors d’une réunion interministérielle, le 3 juin prochain à Paris où sont conviés les grandes puissances et un certain nombre de pays concernés régionalement, mais en l’absence des Palestiniens et des Israéliens. Ces derniers ne sont pas invités pour éviter surtout le blocage systématique qu’Israël opte traditionnellement à toute initiative de relance du processus de paix. Les dirigeants israéliens préfèrent de beaucoup les tête-à-tête avec les Palestiniens où un rapport de force largement en leur faveur leur permet de camper sur des positions intransigeantes.

Si un premier résultat positif est enregistré lors de la rencontre de Paris début juin qui réunira une vingtaine de pays, et où sera présent John Kerry, le patron de la diplomatie américaine, alors pourrait s’ouvrir la perspective d’un second sommet international prévu au second semestre 2016, en présence cette fois des dirigeants israéliens et palestiniens. Il est probable également que de nombreux états parmi les 138 pays qui ont déjà voté favorablement à l’adhésion de la Palestine comme observateur des Nations-Unis, soutiennent l’initiative.

Le gouvernement français continuent a penser que la solution de deux Etats, défendue par Laurent Fabius quand il était ministre des Affaires étrangères constitue toujours l’unique voie de sortie. La conférence de Paris viendrait alors renforcer un consensus international sur cette orientation. Manuel Valls se pose donc en position d’intercesseur. Mais ce dernier doit faire preuve d’une grande neutralité et les sympathies personnelles du 1er ministre français sont connues : il ne cache pas sa « forte sympathie » pour l’Etat israélien et a critiqué la position de Laurent Fabius qui affirma fin janvier 2016 qu'en cas d'échec de l'initiative française, « nous devrons prendre nos responsabilités en reconnaissant l'État palestinien». «Dire aujourd'hui quand nous reconnaîtrons l'Etat palestinien, c'est acter par avance l'échec de notre initiative», a contrecarré Manuel Valls à Tel Aviv. Benoit Hamon, opposant au 1er ministre au sein du PS, a jugé «douloureux de constater aujourd'hui que (Manuel Valls) batte si facilement en retraite».

Les blocages d’Israël

Benjamin Netanyahou a de toute façon rejeté l'initiative française de relance des efforts de paix entre Israël et la Palestine. Lors de sa rencontre avec son homologue français, il a rejeté, lundi 23 mai, l’idée d’une conférence de paix internationale. Il a fait en contrepartie une autre proposition : Paris pourrait accueillir des négociations mais bilatérales entre Israéliens et Palestiniens, « le seul moyen de progresser vers la paix ». Ce qui n'est pas le cas, selon Netanyahou, des « conférences internationales à la manière onusienne » où des « diktats internationaux » décident du sort des Israéliens et des Palestiniens. « Cela s'appellerait l'initiative française [...] à cette différence près : je serai seul assis directement face à face avec le président (palestinien Mahmoud) Abbas, à l'Élysée ou là où il vous plaira ». « Tous les sujets difficiles seront mis sur la table : reconnaissance mutuelle, incitation à la violence, frontières, réfugiés mais aussi les colonies. Tout, a-t-il assuré. Je suis prêt à prendre des décisions difficiles ».

Pour Pierrick Leurent, correspondant de France 24 à Jérusalem, cette contre-proposition a un double intérêt pour le pouvoir israélien : « C’est une manière de rejeter à la fois l’initiative française et aussi d’être à la manœuvre en reprenant la main sur les négociations de paix qui sont au point mort depuis deux ans et de proposer cette alternative qui convient beaucoup mieux aux Israéliens, c'est-à-dire des négociations directes ».

Benjamin Netanyahou est d’autant plus intransigeant que son gouvernement est en train de traverser une grave crise de confiance : le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a démissionné avec fracas en fin de semaine dernière de ce poste stratégique et a remis ouvertement en cause la crédibilité de Netanyahu. « J'ai dit au Premier ministre qu'étant donné son comportement au cours des derniers évènements, mon manque de confiance en lui ». Quelle est la nature réelle des désaccords ? Le communiqué ne permet pas de le savoir mais c'est la confirmation que le gouvernement de Netanyahu estdans une phase dangereuse. D'une part, il y a un blocage total au niveau du conflit israélo-palestinien. Et d'autre part, il y a une constante droitisation de la scène politique israélienne. Devant la presse, M. Yaalon s'en est pris ensuite à ces « éminents politiciens » animés par « le cynisme et la soif de pouvoir », et gouvernés par « les échéances électorales et les sondages » plutôt que les valeurs morales. Il a dit ensuite son inquiétude pour la démocratie israélienne : « Malheureusement, des éléments extrémistes et dangereux ont pris le contrôle d'Israël et du Likoud, et menacent la société », a-t-il affirmé.

Netanyahou a proposé immédiatement le poste de la Défense à Avidgor Lieberman, actuellement dans l’opposition mais surtout connu pour ses positions ultranationalistes et bellicistes.

Les innombrables pièces du contentieux

Le gouvernement Netanyahou s’inscrit plus généralement dans une longue tradition de refus de négociation avec les Palestiniens avec l’éternelle conviction qu’il ne faut en aucun cas céder, « une sorte de messianisme sécularisé qui consiste à penser que, si on attend encore un peu, l'autre côté va s'effondrer » explique le politologue israélien Denis Charbit.

La démarche française, positive au regard des nombreux blocages, va nécéssairement soulever de nombreuses dossiers qui se heurte aujourd’hui à un total blocage de Tel-Aviv : le démantèlement des colonies toujours illégales du point de vue du droit international ; la question des territoires occupés puisque l’ONU ne reconnait que les frontières palestiniennes de 1967 ; le statut de Jérusalem considéré par le droit international comme la capitale des deux états.

À l'initiative de plusieurs pays arabes, le conseil exécutif de l'Unesco a adopté le 14 avril, avec la voix de la France, une décision sur la «Palestine occupée» visant à «sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est». Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné un texte «absurde». La motion avait été votée par la France mais Manuel Valls et François Hollande ont depuis pris une position très critique sur ce vote.

Manuel Valls avait auparavant quelque peu surpris les autorités palestiniennes en déclarant il y a quelques mois que l’antisionisme est « tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ». Malgré sa sympathie affichée pour l’état israélien, le 1er ministre français a été reçu avec une extrême froideur par son homologue Benjamin Netanyahu.

Pour que ce déplacement soit équilibré, Manuel Valls s’est rendu dans les Territoires palestiniens où il arencontré son homologue, Rami Hamdallah, le 1er ministre palestinien qui a salué l'initiative de paix française, le conflit israélo-palestinien étant selon lui « à l’origine de tous les conflits » de la région.

Etats-Unis : une position comme toujours mitigée

« Nous l'avons répété à plusieurs reprises, les négociations sont la seule voie pour résoudre le problème. Nous avons dit également qu'à ce stade, nous ne cherchons pas à relancer les négociations par nous-mêmes », a précisé le haut responsable américain, lors de la rencontre le 18 mai en Égypte, entre le secrétaire d'État américain John Kerry et le président Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier s’était dit prêt à aider à la relance du processus de paix entre Palestiniens et Israéliens, estimant que les deux parties se trouvaient face à une « réelle opportunité » pour y mettre fin et qu'une paix durable permettrait de réchauffer les relations entre son pays et Israël.
Après beaucoup d’hésitations, John Kerry a annoncé sa participation à la conférence de Paris, un problème de calendrier diplomatique de sa part, ayant eu comme conséquence de retarder de trois jours la tenue de l’initiative prévue initialement fin mai. Un texte américain qui doit être publié en fin de mois, devrait signifier des critiques sévères à Israël sur la question des constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Mais Washington souhaite surtout rester l’intermédiaire historique «indispensable» entre Israéliens et Palestiniens. « Les Etats-Unis veulent préserver le vieux modèle triangulaire dans lequel ils représentent la principale tierce-partie. Même si ce modèle est totalement bloqué, explique Hussein Ibish, expert à l’Arab Gulf States Institute de Washington, Les Etats-Unis ne veulent pas internationaliser le processus et souhaite garder un rôle central. Ensuite, le pays ne croit pas qu’il y ait à l’heure à l’actuelle les conditions d’un succès et redoute, à raison, qu’un échec n’envenime les choses politiquement et sur le terrain ». Pour ce chercheur, un Barack Obama en fin de mandat ne prendra aucune mesure pesant sur l’allié israélien.

Et les autres candidats à l’élection américaine ?

Les actuels candidats suivent-ils la même ligne ? Affirmant qu’il « n’avait jamais rencontré une personne d’Israël qui ne voulait pas faire d’accord », Donald Trump a déclaré le 2 mai que s’il était élu président, il essaierait de négocier un traité de paix israélo-palestinien. Dans son discours, Trump a également déclaré que les Etats-Unis devaient utiliser leur poids en tant que financeur majeur pour demander que les Nations unies en fassent plus pour aider à résoudre le conflit. Mais le premier discours de politique étrangère de Trump la semaine précédente, ne faisait pas mention du conflit israélo-palestinien autrement qu’en critiquant le président Barack Obama et le vice président Joe Biden, qui seraient trop critiques de l’Etat juif. Et Trump veut faire de Jérusalem la seule capitale officielle d’Israël.

Côté démocrate, Hillary Clinton est bien connue pour ses positions pro-israéliennes. Devant l’AIPAC, l'American Israel Public Affairs Commitee (AIPAC), le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, très orienté à droite, elle a prononcé « un discours qui a coulé comme du miel dans la bouche des auditeurs », selon Pascale Boniface de l’IRIS : L’ancienne Secrétaire d’Etat américaine a voulu se présenter comme la plus déterminée à soutenir Israël et ce, de façon inconditionnelle. Elle a proposé d’amplifier la coopération militaire américano-israélienne pourtant déjà largement développée. Hillary Clinton a cependant rappelé son soutien à la solution des deux Etats même si, apparemment pour elle, seule la partie palestinienne est responsable de sa non-réalisation.

« J'ai écouté le discours de Mme Clinton devant l'AIPAC. Je n'ai entendu pratiquement rien entendu sur les besoins du peuple palestinien » : seul, le candidat démocrate Bernie Sanders privilégie une approche plus équitable vis à vis du conflit israélo-palestinien et prévoit de revoir les positions des Etats-Unis sur ses relations avec Israël et définit comme priorité pour Washington, les droits des Palestiniens.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 12:58
Un avion d’Egyptair disparait au-dessus de la Méditerranée

Un avion d’Egyptair parti mercredi soir de Paris à destination du Caire a disparu des radars, a annoncé tôt jeudi matin la compagnie aérienne égyptienne sur Twitter. L’avion d’Egyptair se serait en fait écrasé au large de l'île grecque de Karpathos, située entre la Crête et Rhodes, rapporte une source aéroportuaire grecque, citée par l’AFP. Il était encore à ce moment-là dans l’espace aérien égyptien.

L’appareil transportait 66 passagers, dont un petit garçon et deux bébés, ainsi que sept membres d’équipage et trois officiers de sécurité, a ajouté plus tard la compagnie nationale dans un communiqué. Selon les 1ères informations, l’avion comptait 30 citoyens égyptiens et quinze Français.

Des opérations de recherche sont en cours pour tenter de localiser l'avion EgyptAir porté disparu et il est encore trop tôt pour expliquer sa disparition, a déclaré jeudi le Premier ministre égyptien, Chérif Ismaïl. La piste de l’attentat reste évidemment ouverte même si en début de matinée, aucune revendication n’avait été enregistrée.

Les précédents sur les vols d’Egypte

Le 31 octobre, une bombe avait explosé à bord d’un avion transportant des touristes russes peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans le sud-est de l’Egypte, tuant ses 224 occupants. L’attentat a été revendiqué par la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique, qui multiplie en Egypte attentats et attaques, visant principalement les forces de sécurité.

Et, le 29 mars, un pirate de l’air «psychologiquement instable» avait détourné vers Chypre un avion EgyptAir qui avait décollé d’Alexandrie et transportait 55 passagers. A l’arrivée à l’aéroport chypriote de Larnaca, l’homme avait libéré une grande partie des passagers, puis s’était rendu sans heurts au bout de six heures de négociations.

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