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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 15:11

En rompant l’accord signé par la quasi-totalité des états sur les urgences climatiques, Donald Trump a réussi tout au moins, à sidérer la planète. ("Chronique de Paris" publiée dans le Quotidien d'Oran du 8 juin 2017)

Un chroniqueur est un gars qui prétend que rien ne lui échappe et qu’il avait prévu ou tout au moins qu’il était capable d’expliquer tout ce qui se passe dans le monde. Avec l’assurance de raisonnements rationnels. Là, j’avoue que le « chroniqueur de Paris » est devant les évènements, plutôt dans une sorte de stupéfaction. L’actualité politique lui devient de moins en moins compréhensible. Ennuyeux pour un chroniqueur. Trop de boulot, fatigue, besoin de congés, début d’Alzheimer .. ? L’autre hypothèse est que nombre de situations sont difficilement explicables.

Prenons le cas Donald Trump. Comment la principale mondiale a-t-elle pu choisir d’être dirigée par un zozo pareil ? Dernier exploit, le refus des Etats-Unis de rejoindre le pacte planétaire sur le climat, déjà signé par la quasi-totalité des états existant sur notre bonne et vieille terre. Certes, les cris d’alarmes de scientifiques et militants écologistes a mis du temps à passer : pourquoi un réchauffement d’un ou deux voire trois degrés de la température moyenne menace-t-il notre planète ? Il ferait un peu plus chaud, et alors ? Ça serait même plutôt agréable dans certaines régions, non ?

Et puis après beaucoup d’explications, on a compris que cela serait une catastrophe ; cette petite augmentation de la température crée par l’activité humaine entrainerait très rapidement une pollution insupportable dans les pays industrialisés, une désertification de vaste régions du monde, des transferts de population, des dégâts sur la santé de la race humaine (et toutes les autres races animales) difficilement maîtrisables.

C’était un peu compliqué à saisir mais à la fin tout le monde avait compris : un ou deux degrés supplémentaires tous les dix ans et c’était notre avenir commun qui était menacé. En décembre 2015, l’accord de Paris était une promesse. Le monde entier s’engageait alors à moins polluer. 195 pays, c’est-à-dire la quasi-totalité des nations, se sont alors entendus pour que la température de la planète n’augmente pas de plus de 2°C avant la fin du XXIe siècle. Les Etats-Unis, dirigés par Obama s’étaient alors engagés à réduire de 28% leurs émissions polluantes.

C’était la première fois dans son histoire que l’humanité signait un accord unanime avec elle-même, pour sa propre survie et celle de son environnement.

Et bien, non. Donald Trump à la tête du deuxième pollueur de la planète (après la Chine, elle, signataire) en a décidé autrement : on va continuer à polluer et on vous emmerde tous ! Depuis la Maison-Blanche, jeudi dernier, le président américain a annoncé la sortie des États-Unis de l'accord, dénonçant un texte «pas assez dur» avec l'Inde et la Chine, les deux autres grands pollueurs de la planète, et annonçant sa volonté de renégocier un accord international moins contraignant pour l'industrie américaine. «Si nous le pouvons, c'est bien, a précisé le milliardaire. Si nous ne le pouvons pas, ce n'est pas grave.» Estimant que ce retrait n'aurait «pas beaucoup d'impact» sur le climat, il a rappelé qu'il avait «été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris», rapporte Le Figaro.

Ce refus américain risque très sérieusement de remettre en cause cet accord mondial dont les termes étaient déjà dans le texte initial, très imprécis dans un certain nombre de mesures proposées. Autre conséquence, un renversement des alliances. Angela Merkel, qui postule en septembre pour un quatrième mandat à la tête de l’Allemagne, femme habile et très intelligente, en a tiré immédiatement les leçons: la chancelière allemande s'est dite vendredi dernier « plus déterminée que jamais » à agir pour le climat, après la décision la veille du président américain Donald Trump de sortir son pays de l' accord de Paris. « Cette décision ne peut et ne va pas arrêter ceux d'entre nous qui estimons avoir le devoir de protéger la planète « , a expliqué Angela Merkel, « nous sommes plus déterminés que jamais en Allemagne , en Europe et dans le monde à rassembler toutes nos forces », pour faire face au défi climatique , a-t-elle ajouté. Rupture au moins dans les termes d’une alliance américano-allemande qui date de 1945.

Quand on regarde de plus près cette crise internationale, Donald Trump, si stupide qu’il soit, ne prends pas beaucoup de risques : la plupart des mesures prises par l’ensemble des 195 pays ne prendront application qu’après la fin de son mandat. Et il y a très peu de chances qu’il se présente ou qu’il soit réélu. J’ai foutu la merde ? A mes successeurs de la gérer…

Macron, un succès très étonnant

Le succès actuel d’Emmanuel Macron étonne par son ampleur. Certes, ce jeune homme (39 ans) a tout pour plaire : ni de droite, ni de gauche, amis avec tous, tonique, très intelligent, énarque (qui en France est l’équivalent de duc, archiduc, émir…), marié à une femme plus âgée que lui (ce qui plaît beaucoup à l’électorat féminin), il a été brillamment élu président de la république française et il disposera très certainement dimanche prochain d’une majorité solide à l’Assemblée nationale qui lui garantira un quinquennat confortable et sans surprises. Confortable et sans surprises ? Ce n’est pas sûr du tout.

Car si les Français qui n’avaient pour Macron qu’un amour relatif (le candidat Macron n’avait que récolté qu’un peu moins d’un quart -23,8% - des voix), ils semblent certes lui donner aujourd’hui toutes ses chances pour réussir ses éventuelles promesses. Mais le Français est un être très contradictoire. Il est profondément légaliste mais adore la révolution. Il est porteur de la « déclaration des droits de l’Homme et du citoyen »mais il a eu avec l’Angleterre, le plus grand empire colonial. Il écoute avec bienveillance le discours des « jeunes entrepreneurs » mais il ne supporte pas longtemps l’injustice sociale. Il a viré tous les vieux partis (socialiste, communiste, Les Républicains, les écolos) . Donc il n’est pas sûr du tout que le Français moyen n’aimera plus de six mois le nouveau parti en position quasi monopolistique (En Marche avec Emmanuel Macron). Les paris sont pris, sondages à l’appui et à l’appel.

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Published by pierremorville
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