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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 15:22

(article paru dans la Quotidien d'Oran du 7 mars 2017)

Le candidat François Fillon et ses « affaires », divisent profondément son propre camp

En début d’année, la droite était totalement rassurée. Après un quinquennat de François Hollande sévèrement jugé par une forte majorité de Français, le candidat présenté par la droite traditionnelle, Les Républicains, et les diverses formations centristes, était assuré de remporter l’élection présidentielle, et dans la foulée les élections législatives qui suivent ce premier scrutin, lui donnerait une majorité parlementaire confortable. Certes, dans les sondages Marine Le Pen réalisait de beaux scores la plaçant certainement au second tour mais dans l’incapacité de remporter la finale. La gauche est affaiblie par ses divisions, avec au moins trois candidats : Jean-Luc Mélenchon plutôt radical dans son programme ; les primaires du PS, après le retrait de François Hollande et l’élimination de Manuel Valls avait vu le succès surprise de Benoit Hamon, à l’aile gauche du PS. Et Emmanuel Macron, ancien ministre de l’économie de François Hollande se présentait lui comme candidat « ni droite, ni gauche ». Bref, l’élection présidentielle se présentait pour la droite « ouverte comme un boulevard », comme le notait hier Alain Juppé dans une conférence de presse.

Le candidat choisi par les primaires de la droite a été François Fillon qui 8 mars apparaissait comme un homme d’expérience, cinq ans Premier ministre du président Sarkozy, sérieux, avec un programme travaillé, plutôt sur une ligne de « droite dure » mais surtout sans aucune casserole ou « affaire » dans sa longue carrière politique.

Patatras ! Début février, le Canard enchainé sort le « Pénélopegate » : Pénélope, l’épouse de François Fillon ainsi que deux de ses enfants, auraient bénéficié pendant plusieurs années d’emplois fictifs sur fonds publics, généreusement offert par le même Fillon. Celui-ci, candidat présidentiel, a tout d’abord joué la carte de la dénégation affirmant même « si je suis mis en examen, je retirerais ma candidature ». Mais la poursuite des enquêtes menées par la police et la justice aboutissent, hélas pour lui, justement à une mise en examen.

Panique à droite ! Les sondages sur le candidat Fillon s’effondrent : les Français ne comprennent pas que le même candidat qui leur présentait l’austérité salariale comme inévitable, ait fait en sorte que son épouse touche quelques 900 000 euros sur un emploi d’assistante parlementaire fictif. Beaucoup de parlementaires de droite commencent alors à s’inquiéter, notamment pour les conséquences de cette affaire sur l’élection présidentielle et surtout sur les élections législatives qui suivent qui les concernent plus directement. Un nombre croissant de responsables politiques de droite conseillent, discrètement ou publiquement, à François Fillon de passer la main et de renoncer à sa candidature afin de pouvoir trouver rapidement un autre candidat. Car le temps presse, les élections ont lieu à la mi-avril. Reste à trouver dans un délai si court, le « candidat d’u plan B ».

Du coup, le candidat Fillon s’emporte et met en cause un « complot » mené par des juges, qui vise à « l’assassiner » politiquement. Samedi dernier, lors d’un meeting dans une salle à moitié vide, François Fillon contre-attaque : « Je ne céderais pas, je me ne me retirerai pas ». Il maintient donc malgré ses engagements sa candidature à la présidentielle. Il a appelé par ailleurs à un grand rassemblement de ses sympathisants le lendemain, le dimanche 5 mars à Paris, place du Trocadéro.

L’initiative rencontre d’ailleurs un certain succès : certes pas les 200 000 manifestants revendiqués par les fillonistes mais plutôt entre 40 000 et 50 000 supporters du candidat.

La droite au bord de l’explosion

Mais la chute dans les sondage se maintient : au 1er tour de la présidentielle, ils donnent Marine Le Pen en tête avec 26% des voix, suivi par Emmanuel Macron avec 25% des voix. François Fillon, éliminé du second tour, ne recueille que 17% des sondés, suivi par Benoit Hamon à 16% et Jean-Luc Mélenchon à 12%. Pire, 7 Français sur 10 estiment nécessaire que François Fillon passe devant les juges et 1 électeur de droite sur 2 ne lui fait plus confiance.

Depuis quelques jours, à droite, beaucoup de responsables s’étaient mobilisé pour un remplacement de la candidature Fillon par celle d’Alain Juppé. Dans cette hypothèse en effet, les mêmes sondages plaçait ce dernier à 24,5% des intentons de vote contre 27 % à Marine Le Pen, mais avec de très fortes chances d’emporter contre cette dernière la victoire au second tour.

Mais, lundi matin, lors d’une conférence de presse, Alain Juppé a jeté l’éponge, estimant sa famille politique trop divisée et la situation trop dégradée. Il s’en est néanmoins vivement pris à François Fillon, responsable d’une « impasse », d’un « immense gâchis » du à « l’obstination » du candidat Fillon qui continue de refuser de retirer sa candidature.

La droite française est donc en plein cyclone et la date limite du dépôt officiel des candidatures, assorties du soutien d’au moins 500 élus, est fixé au 17 mars. Autre conséquence négative, c’est la 1ère campagne présidentielle où depuis six semaines, l’on ne parle aucunement des programmes politiques mais uniquement de « l’affaire Fillon » !

 

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Published by pierremorville
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