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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 14:17
Alep attaquée avec l’aide des Russes, est une cible stratégique pour Bachar el-Assad

(Article paru sur le site TSA, le 3 mai 2016)

Pour tenter d’imposer un nouveau cessez-le feu en Syrie, le secrétaire d’Etat américain John Kerry était hier à Genève (où se déroule d’improbables négociations sur le conflit syrien) pour rencontrer le médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura. Celui-ci doit se rendre, lui, à Moscou pour rencontrer le ministre russe des affaires étrangères. Depuis le 22 avril, la guerre a reprise de plus belle pour le contrôle de la deuxième ville du pays, Alep.

Alep, seconde ville de Syrie

Le précédent cessez le feu avait été décrété début mars avec l’aval des puissances étrangères intervenant dans le conflit syrien, dont la Russie. Depuis une dizaine de jours, et après la reprise de Palmyre, les forces de Bachar el-Assad avec l’appui de troupes iraniennes, de l’appui du Hesbollah libanais, de l’intervention aérienne russe et même l’apport de troupes spéciales russes ayant déjà servi dans le Caucase et en Tchétchénie, ont pris pour cible la grande ville du nord de la Syrie. Alep était sous le contrôle pour partie de l’Armée syrienne libre (opposition reconnue par les occidentaux) et dans les quartiers nord par les brigades d’El Nosra qui avec les troupes de Daesh étaient exclues du cessez-le feu. Alep est devenu la base arrière des réfugiés et constitue une enclave stratégique pour la Turquie voisine, ce pays ne cachant ps son opposition au régime de Bachar el-Assad, et ayant eu dans les derniers mois une attitude pour le moins équivoque vis-à-vis d’Al Nosra et de Daesh, au nom de combat que mène Recep Erdogan contre son ennemi principal, les forces kurdes.
Moscou était particulièrement remonté contre la Turquie et les monarchies du Golfe qui, malgré le cessez-le-feu, ont ces dernières semaines pour livre un armement important aux forces anti-Bachar et favoriser l’entrée de combattants étrangers en Syrie. Des groupes de rebelles soutenus directement par l’Arabie Saoudite et la Turquie se déployaient dans le Nord de la Syrie. Quant à Al-Nosra, matériellement épaulé par le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie, il tente de conforter ses positions notamment autour d’Idleb, ville du nord-ouest de la Syrie également menacée par les troupes de Bachar.

Difficiles négociations de Genève

La ville symbole d’Alep concentre plusieurs enjeux, note Didier Billon de l’Ifri, « il y a la présence d’Al-Nosra, filiale d’Al-Qaïda en Syrie, considérée à juste titre comme terroriste..Ensuite, dans la ville d’Alep, il y a des combats qui opposent actuellement les Kurdes, organisés par le Parti de l’union démocratique (PYD) et d’autres factions de rebelles et/ou de djihadistes. Alep est une ville qui rassemble l’ensemble des paramètres compliqués de la situation syrienne ».

Face à l’offensive qui risque de voir basculer Alep dans les territoires repris par le régime de Bachar el-Assad, Washington tente de durcir le ton. Le but est de pousser Moscou à persuader Assad de mettre un terme à son offensive sur Alep. Faute de quoi, l'opposition boycottera la prochaine session des pourparlers de Genève, prévue mi-mai. «Ce ne serait pas une grande perte», a déjà averti Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe qui pointe les retraits successifs des négociations des représentants de l’opposition syrienne. Les pourparlers de Genève des mois de mars et d’Avril , n’ont rien donné.

Poutine maître du jeu

Parallèlement à la contre-offensive militaire du régime à Palmyre et aujourd’hui sur Alep, Bachar el-Assad a organisé à la mi-avril des élections législatives dans les régions qu’il contrôle. Elles ont eu lieu sur la zone la plus peuplée de la « Syrie utile » - soit peu près un tiers du territoire syrien. Les résultats ont été sans surprise et la caractère peu démocratique du scrutin largement dénoncé par l’ensemble de l’opposition. Mais la bonne participation aux élections contribue à renforcer l’assise du régime de Bachar el-Assad. Dans les négociations de Genève, la condition mise par l’opposition au retrait préalable de Bachar a donc perdu du poids. Celui-deviendrait incontournable dans le négociations sur la transition politique à construire, s’il reprend Alep, grand verrou du nord de la Syrie et poste avancé face à son adversaire turc.

« Mais la bataille d’Alep montre une fois de plus que Vladimir Poutine est devenu le principal maître du jeu en Syrie, note Philippe Gely du Figaro, surtout face à des Etats-Unis qui n’ont pas aujourd’hui de stratégies alternatives l’alliance Bachar-Poutine.

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Published by pierremorville
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commentaires

Justice 05/05/2016 08:29

Je m'adresse à ce journaliste au nom de La justice pour tous et l'informe que dans un temps pas si long que cela, nous nous occuperons de tous les journaliste et particulièrement DU PIERRE mordille afin qu'il rende des comptes au peuple pour les informations TROMPEUSES qu'il fait passer avec les sudventions qui lui sont alloués ( c'est l'argent des Francais ). Je vous dit à très bientôt