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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 19:21
1er Mai en France : la « fête du travail » contre la Loi Travail de Myriam el-Khomri

(article paru sur le site TSA, le1er Mai 2016)

Le 1er Mai, « fête du travail » est le jour traditionnel des défilés syndicaux. Les rassemblements en France, à Paris et en province ont été marqués par les protestations contre la loi « Travail » présenté par la ministre Myriam El-Khomri. A Marseille, Bordeaux, Toulouse ou Nantes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche en province pour réclamer le retrait de la loi travail en ce 1er mai. A Paris le défilé partait de la Bastille.

Après deux mois de contestation et de manifestations parfois émaillées de violence, ces défilés traditionnels du 1er mai se sont déroulées dans un climat tendu. Les affrontements entre manifestants et force de l’ordre de ces dernières semaines inquiètent en effet les pouvoirs publics. Actuellement en voyage en Nouvelle-Calédonie, le premier ministre Manuel Valls a adressé, ce dimanche aux aurores, une ferme mise en garde aux éventuels «casseurs», appelant les organisateurs des manifestations du jour à prendre «leurs responsabilités». Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait adressé samedi aux préfets un télégramme détaillant les mesures à prendre afin d'éviter les débordements ce 1er mai, alors que syndicats et gouvernement se renvoient la balle des responsabilités des violences.

Les nombreuses protestions contre la loi Khomri

Jeudi 28 avril, lors de la dernière manifestation contre la loi travail, des affrontements avaient ainsi éclaté en marge des cortèges, à Paris comme en province, notamment à Nantes, Rennes, ou Lyon. Plusieurs personnes ont été gravement blessées, du côté des manifestants et des forces de l’ordre, qui ont interpellé plus d’une centaine d’individus. À Rennes, un étudiant de 20 ans a été atteint par un projectile et a perdu la vision d’un œil. Le ministère de l’Intérieur faisait état de 214 interpellations et 78 policiers blessés.

Jeunes, salariés, familles avec enfants ont défilé dans les principales villes de France dès la fin de matinée.

C’est dans ce contexte qu’à Paris, la manifestation du 1er Mai s’est ébranlée à 15H00 dans un cortège où, pour la 1ère fois depuis sept ans, les dirigeants, jean-Claude Mailly pour FO et Philippe Martinez pour la CGT ont manifesté ensemble.

Le 1er mai prend, cette année, une tournure spécifique avec l’avènement de « Nuit debout », lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grosse mobilisation contre la loi travail (390 000 personnes dans 250 villes, selon les autorités ; 1,2 million selon les organisateurs). Des responsables syndicaux, mais pas les numéros uns, devraient se rendre place République, là où les militants de « Nuit debout » se retrouvent tous les soirs. Ce mouvement spontané regroupe des très nombreux protestataires qui tentent ensemble de bâtir un programme social « alternatif » à ceux des partis traditionnels de droite ou du parti socialiste, actuellement au pouvoir. Le socle de toutes ces initiatives : une « convergence des luttes » à laquelle appelle également la CGT.

La CFDT, la CFTC et Unsa ne participeront pas à ces défilés. Ces organisations syndicales dites réformistes doivent se retrouver dans la matinée, pour des tables rondes, dont l’une porte sur la loi travail. Pour ces organisations syndicales, pas question de « demander le retrait d’un texte porteur de progrès pour les travailleurs », rappelle Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

La Loi en discussion au parlement, mardi

Le succès des manifestations anti « Loi travail » soulignent néanmoins l’écart grandissant entre les attentes de salariés, relayés par les syndicats et la politique actuelle du gouvernement de françois Hollande. La très légère baisse du chômage enregistré ce mois-ci et la perspective d’une croissance un tout petit mieux soutenue que les prévisions initiales ne sont pas signaux suffisamment rassurants. Et les mesures préconisées dans la nouvelle loi Travail, qui prônent pour l’essentiel un allègement des contraintes légales sur les entreprises, n’auront, si elles en ont, des effets positifs que fin 2017, après la prochaine élection présidentielle.

Il faut pourtant tout de suite « laisser plus d’espace à l’échelle de l’entreprise pour s’adapter », explique Myriam el-Khomri. Ce qui ne convainc pas un grand nombre de parlementaires socialistes qui s’inquiètent du caractère trop libéral des mesures proposées.

Le projet de loi rentre en discussion à l’assemblée nationale le 3 mai et de nombreux amendements seront déposés par des députés de gauche pour limiter la portée de la loi.

La ministre du Travail ne doute pas cependant qu’une majorité se forme pour faire adopter le texte, qui s’appliquera selon elle d’ici six mois : « Je pense qu’il y a de plus en plus de députés, notamment socialistes, qui revendiquent ce projet de loi ».

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Published by pierremorville
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