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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 12:45
Syrie : Bachar el-Assad reprend Palmyre avec son allié russe

(article paru sur le site TSA le 27 mars 2016)

La Syrie connait ce dimanche 27 mars 2016 son deuxième mois de trêve. Un cessez-le feu globalement respecté entre les forces de l’opposition et le gouvernement de Bachar el-Assad mais cette trêve ne concernait pas Daesh, le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu.

Ce même jour, le gouvernement syrien d’el-Assad a annoncé la reprise de la ville de Palmyre, contrôlée par Daesh depuis mai 2015, et qui a vu une partie de son patrimoine archéologique violement mis à mal par l’EI.. « Après de violents combats nocturnes, l'armée contrôle entièrement la ville de Palmyre, y compris le site antique et la partie résidentielle. Les djihadiste se sont retirés », a déclaré à l'AFP, une source militaire syrienne. La gouvernement de Bachar el-Assad gagne par cette opération, la capacité de reprendre le contrôle de la « Syrie utile », la partie vive du pays, à quelques semaines de la reprise des pourparlers de Genève.

Important appui russe

Pour cela, les troupes pro-Bachar ont reçu un important soutien de l’aviation et des commandos russes. A la surprise générale, Vladimir Poutine avait annoncé, le 14 mars, le retrait de la majeure partie des troupes russes stationnées en Syrie. L’annonce relevait en fait plus d’une stratégie de communication diplomatique que d’une inversion de la politique russe au Moyen-Orient : la Russie ne se retire pas du conflit syrien. L’appui militaire qu’elle a apporté aux forces de Bachar el-Assad pour la reconquête de Palmyre en sont une preuve supplémentaire. « Les capacités militaires russes sont importantes. Les Russes avaient déjà démontré en Crimée l’efficacité des forces spéciales, des troupes aéroportées, et l’avancée de l’effort de modernisation. Désormais, ils certifient, à travers l’opération syrienne, la précision de leur matériel militaire et l’intelligence de leur tactique de combat qui consistait à frapper la chaine logistique de l’Etat islamique et des troupes d’Al-Nosra », explique Philippe Migault de l’institut Iris.

Outre les forces russes, le régime syrien s'appuie dans son offensive à Palmyre sur des milices locales, les «comités populaires», et sur des membres du Hezbollah, la milice chiite libanaise. Des cadres des Pasdarans iraniens, les troupes d'élite du régime de Téhéran, ainsi que des volontaires chiites irakiens, afghans et pakistanais participeraient également à la bataille. On a même cité la présence de deux unités de miliciens nord-coréens sur le terrain en Syrie…

Il s’agit de la victoire la plus importante du régime face à l’EI depuis l’intervention fin septembre 2015 dans le conflit de la Russie, allié indéfectible du régime Assad.

La perte de Palmyre est la deuxième grande défaite de l’EI en Syrie après celle enregistrée en janvier 2015 à Kobané. Dans cette ville kurde du Nord, les djihadistes avaient été chassés par les forces kurdes appuyées par l’aviation de la coalition menée par Washington.

Daesh affaibli mais pas vaincu

Deux jours plus tôt, l’Etat islamique connaissait un autre revers : plusieurs responsables de l'organisation Etat islamique dont Hadji Iman, le numéro deux du groupe terroriste, ont été tués cette semaine par des bombardements américains dans l’est de laSyrie, , a annoncé vendredi le secrétaire américain à la Défense, parlant d'une « offensive majeure » contre le mouvement djihadiste. Hadji Iman, également connu sous le d’Abdel Rahmane al-Qadouli, un ancien proche de Ben Laden, avait rejoint le groupe Etat islamique. Il en était devenu le numéro 2 et le successeur potentiel d’Abou Bakr al-Baghdadi. L’homme enfin gérait la trésorerie du groupe en tant que ministre des Finances de l’EI.

Daesh subit également une contre-offensive des troupes du gouvernement irakien à Ramādī et dans des petites villes proches de Bagdad. Deux autres offensives pourraient rapidement voir le jour contre Mossoul, toujours tenu par l’EI, avec l’aide des Kurdes et des forces populaires sunnites (milices tribales) en voie de construction. Ou bien s’attaquer d’abord à Falloujah, ville sunnite actuellement tenue par l’Etat islamique.

Reste que Daesh conserve une importante de nuisance dans la région et à l’extérieur, notamment en Libye et dans le reste du monde, via des attentats ciblés, comme ce fut le cas récemment à Bruxelles. L’EI bénéficie surtout des divisions de ses adversaires locaux (conflit entre Bacha el-Assad et ses opposants dans un pays ruiné ; conflit chiites-sunnites en Irak) mais également des divisions des puissances internationales qui interviennent dans la région : les puissances occidentales et la Russie divergent sur les solutions à mettre en place pour sortir du conflit et la Turquie s’en prend principalement à son ennemi obsessionnel, les forces kurdes, le tout sur fond d’une rivalité croissante entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

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Published by pierremorville
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