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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 16:27
Réformes : le gouvernement Hollande-Valls contesté par sa propre majorité

(article paru sur le site TSA le 7 mars 2016)

Rude semaine qui se prépare pour François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls. Principal plat du menu : le projet de réforme sur le travail qu’ils avaient tous deux proposé début février. Celui-ci est très vivement contesté dans les rangs de la gauche et par l’ensemble des organisations syndicales et des mouvements de jeunesse. Une 1ère journée nationale de manifestation se déroulera Le 9 mars.

Décidé à faire adopter les réformes rapidement, quitte à passer en force vis-à-vis de députés socialistes rétifs ou critiques, le gouvernement a dû reculer devant la fronde : le projet de loi qui devait être examiné le 9 mars par le Conseil des ministres, le rendez-vous a été reporté au 24 mars. Entretemps auront lieu des « concertations » avec le milieu syndical.

Selon les sondages, 7 Français sur 10 sont opposés à cette réforme et, 1ère dans l’histoire française, une pétition sur le Net qui demande l’abandon de celle-ci a recueilli en moins d’un mois, 1,1million de signatures.

Qu’y-a-t ‘il dans ce projet de loi qui suscite autant de colère ? Les propositions concernant le monde du travail sont toutes d’inspiration très libérale : pour ses initiateurs, il s’agit, dans cette période de très faible croissance et de très fort chômage (10% de la population) de donner le maximum de flexibilité aux dirigeants d’entreprise, afin qu’ils puissent reconstituer les marges qui permettront de « créer les emplois de demain ». Très vieux discours qui pour l’instant, nulle part en Europe, sauf peut-être en Allemagne, n’a réellement fonctionné.

Le projet El Khomri, du nom de l’actuelle ministre du Travail, comprend en effet de vieilles recettes : remise en cause des 35 heures, accroissement de la durée du travail, préférence mise aux accords d’entreprise plutôt qu’aux accords de banche (où le rapport de force syndicats / patrons est meilleur pour les premiers), licenciements simplifiés et moins coûteux, remise en cause du tribunal des Prud’hommes, instance juridique de protection des salariés. L’ensemble des mesures furent bruyamment applaudi par le Medef, principale organisation patronale, et plus ou moins discrètement approuvé par un grand nombre de députés de l’opposition de droite.

La fronde à gauche

« Le gouvernement Valls-Hollande met en place des mesures libérales et antisociales que le gouvernement Sarkozy n’avait même pas osé mettre en place ! » s’emporte Caroline de Haas, l’initiatrice de la pétition électronique aux 1,1 millions de signature et qui en vise 2 millions d’ici la fin du mois. Les écologistes, le Parti Communiste et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon sont ouvertement contre la réforme. Mais également de nombreux députés socialistes sont plus ou moins ouvertement pour un report ou un oubli de cette réforme. Principale réforme sociale du quinquennat de François Hollande, celle-ci est en effet à leurs yeux beaucoup trop « sociale-libérale ».Et si beaucoup admettent la nécessité d’une plus grand flexibilité, elle doit s’accompagner pour eux de davantage de sécurité pour les salariés : c’est la « Flexi-sécurité » adoptée par les pays de l’Europe du Nord, qu’ils ne retrouvent pas dans ce texte.

L’ancienne N° 1 du PS Martine Aubry a largement pris ses distances vis-à-vis du gouvernement. Les élus socialistes voient surtout avec inquiétude les élections législatives et présidentielles de 2017 : le PS est en train de perdre ses électeurs à la pelle !

Dans la perspective de rendez-vous électoraux difficiles, quelle est la stratégie du couple Hollande Valls (les deux en chute libre dans les sondages) ? Ni les électeurs, ni les militants, ni les élus socialises ne savent aujourd’hui répondre à cette question.

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Published by pierremorville
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