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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:00
Elections allemandes : une vague anti-réfugiés

(article paru sur le site TSA le14 mars 2016)

Des élections régionales partielles se sont déroulées dimanche, en Allemagne. Trois länders sur les 16 régions allemandes renouvelaient leur représentation. Ces scrutins se déroulaient dans une atmosphère particulière : le pays a été ces dernières semaines vivement secoué par les polémiques sur l’accueil des réfugiés syriens. Angela Merkel qui disposait d’une forte popularité auprès des électeurs allemands, avait prêché pour un accueil très large de son pays des migrants fuyant les zones de combat mais elle avait également milité pour que l’ensemble de l’Union européenne accueille sur la base de quotas par pays le maximum de réfugiés. Les sondages révélant une opposition des Allemands, la chancelière avait opté pour une position plus prudente, négociant il ya une semaine un accord avec la Turquie pour le retour dans ce pays de réfugiés entrés « illégalement » en Allemagne. Cela n’a pas suffit. Les Allemands ont sanctionné l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel dimanche, rejetant sa politique d'accueil des réfugiés.

Autre signe inquiétant : le tout nouveau parti anti-immigration, Alternative pour l’Allemagne (AFD), un frère du Front National français, a recueilli dans les trois landers entre 14% et 24,2% des voix avec des slogans tels que « Sécurité des frontières » ou « Stop au chaos de l’exil ». La nouvelle présidente de cette formation ultra n’a pas hésité à appeler à tirer sur les réfugiés avec des armes, une de ses collègues précisant que cela valait aussi pour les femmes et les enfants. Fort de ces succès dans ces élections partielles, l’AFD espère rentrer au Parlement fédéral, le Budenstag, lors des élections législatives de 2017. « Ce serait la 1ère fois que l’extrême-droite entrerait au Bundestag depuis les nazis », note le quotidien belge Le Soir.

C’est dans une ancienne province de l’Allemagne de l’Es , la Saxe-Anhalt, que ce parti extrémiste a remporté le meilleur score, juste derrière la CDU qui conserve néanmoins de justesse ce lander. La formation d’Angela Merkel perd néanmoins deux autres régions : dans le Bade-Wurtemberg, fif du CSU, celui est devancée par les Verts ; en Rhénanie-Palatinat, une coalition SPD (social-démocrate) et écologistes l’emporte également.

Fermeture des frontières dans toute l’Europe

L’échec d’Angela Merkel est sérieux, même si la chancelière reste dans les sondages à peu près assurée aujourd’hui d’effectuer un 4ème mandat si elle le souhaitait. Mais l’avertissement a sonné. Angela Merkel avait déjà subi de nombreuses critiques dans son propre parti, la CDU et surtout celles de son allié, la CSU. Les sociaux-démocrates du SPD avec qui elle gouverne, sont également en recul électoral. Angela Merkel voit sa majorité secouée.

Dans l’Union européenne, les critiques à la politique d’ouverture aux réfugiés défendue par Angela Merkel se multiplient. Elles émanent surtout des gouvernements des pays de l’Est et de l’Autriche qui refusent dorénavant d’accueillir les migrants syriens. Mais d’autres pays se sont également émus des initiatives très solitaires de Chancelière allemande. A la veille du sommet « UE-Turquie » qui s’est déroulé le 8 mars dernier, Angela Merkel avait conclu le 7 mars, avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, un plan qui prévoit le retour en Turquie des migrants arrivés illégalement en Grèce. En contrepartie, Angela Merkel s’était engagé pour l’ensemble de l’UE à accueillir un même nombre de réfugiés « légaux ». « C’est une percée » s’était félicité la Chancelière allemande mais elle n’avait omis de prévenir les 27 autres membres de l’Union de la nature de ce compromis. En Europe, une majorité de pays sont pour la fermeture des frontières, ce qu’applique déjà dans les faits, dans l’ensemble des pays de l’Est, de l’Autriche et de la Grande-Bretagne qui a fermé ses frontières maritimes. Les pays d’accueil comme la Grèce ou l’Italie appellent à la solidarité les autres pays-membres de l’UE. Sans aucun succès à ce jour. La France reste dans un silence prudent.

Entre la contestation électorale et le front du refus au niveau européen, Angela Merkel pourrait être tentée d'abandonner ses positions et se résigner à une fermeture unilatérale des frontières en Europe.

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Published by pierremorville
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