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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:08
2ème « Sommet de l’Islam de France » sur fond de terrorisme

Salah Abdeslam, 26 ans, le terroriste « le plus recherché d’Europe » depuis les attentats de Paris du 13 novembre 2015, a été arrêté le vendredi 18 mars à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Le seul survivant de l’équipe djihadiste a été placé en détention provisoire et inculpé de « meurtres terroristes et participation aux activités d’un groupe terroriste ». Poursuivi par plus de huit cent inspecteurs des polices française et belge, l’homme d’origine marocaine, se cachait tout simplement dans un immeuble situé à quelques centaines de mètres de chez ses parents. Il n’avait visiblement pas quitté son quartier d’origine depuis sa fuite de Paris. Ce qui nécessitait pour le moins, de sérieuses complicités à Molenbeck et dans toute la Belgique. Arrêté le même jour, Abid Aberkan, l’un des proches et logeur présumé de Salah Abdeslam, a été inculpé samedi de « participation aux activités d’un groupe terroriste et recel de criminels », ainsi qu’un autre complice, Monir Ahmed Alaaj et Djemilla M., de la famille d’Aberkan a également été interpellé. La police belge est toujours à la recherche de quatre autres personnes. L’attentat qui a eu lieu ce matin à l’aéroport de Bruxelles semble lié à ces arrestations : les explosions auraient fait au moins 21 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Le Sommet de l’Islam au ministère de l’Intérieur français

C’est dans ce contexte particulier mettant en évidence l’existence et l’activité de nombreux réseaux terroristes, disposant d’infrastructures efficaces et de réels relais d’opinion que s’est tenu hier, le second « sommet de l’Islam de France. Manuel Valls qui avait patronné le 1er sommet tenu en juin 2015, a également ouvert le second sommet qui s’est tenu au ministère de l’Intérieure français. Quelque 150 personnalités de l’islam de France se retrouvent à nouveau, ce lundi, place Beauvau. Actualité oblige, c’est au seul dossier, difficile et épineux, de la prévention de la radicalisation qu’est consacrée cette deuxième réunion de l’instance de dialogue avec l’islam. Ces personnalités ont été soigneusement sélectionnées : aucun acteur de la mouvance salafiste n’a été convié.

« Urgence », « inquiétude »… Ouvrant la deuxième réunion de l’instance de dialogue avec le culte musulman, consacrée à la prévention de la radicalisation, Manuel Valls n’a pas caché la gravité de la menace. Le premier ministre a explicitement sollicité l’aide des responsables du culte musulman, soulignant leur « responsabilité majeure » dans cette « lutte sans relâche ».

Les invités ont travaillé dans quatre ateliers : un partage d’expériences de la mobilisation dans les préfectures, où un dialogue s’est établi avec 2000 responsables musulmans, la prévention de la radicalisation en prison, enjeu stratégique, quel discours pour prévenir la radicalisation, les jeunes acteurs de la prévention de la radicalisation. Depuis 2014, des cellules ont été mises en place dans les préfectures. Selon le ministère, elles ont suivi 1 600 personnes, toutes volontaires.

Autre preuve de ce début de mobilisation, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a remis lundi 21 mars un « livre blanc » recensant des propositions concrètes soumises par les principales fédérations musulmanes et l’aumônerie nationale des prisons en amont de cette journée. le CFCM s’est aussi engagé à mieux suivre les écoles coraniques souvent accolées aux mosquées, et dont les programmes souffrent souvent d’une certaine « improvisation », selon les mots d’Anouar Kbibech, président du CFCM, mais également à mieux accompagner les jeunes et les convertis pour les « immuniser » contre l’extrémisme.

#TousUnisContrela Haine

« C’est une radicalisation par rapport à l’islam, donc, nous, musulmans, nous avons quelque chose à dire sur cette question-là, en étant vigilants, en surveillant nos lieux de culte, en surveillant qui les anime, et d’où viennent les sources de la radicalisation », a souligné Dalil Boubakeur, de la Grande mosquée de Paris.

L’un des risques des attentats, et c’est d’ailleurs le calcul des djihadistes de Daesh, est de faire ressurgir massivement le racisme dans les populations françaises. La France a connu une recrudescence de la haine raciste et antisémite l'an dernier. Ces actes et menaces ont bondi de 22% en 2015, avec, notamment pour les actes antimusulmans qui ont plus que triplé en un an, un pic après les attentats de janvier et novembre. Au total, 2.032 actions et menaces racistes, antisémites et antimusulmanes ont été enregistrées. Soit 5 actes par jour en 2015. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, qui se déroule le 21 mars de chaque année, le gouvernement français à lancé une campagne #TousUnisContrelaHaine pour dénoncer les préjugés et provoquer une prise de conscience autour de six spots télévisuels diffusés sur la plupart des chaînes jusqu’au 10 avril.

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Published by pierremorville
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