Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 16:56
Campagne présidentielle américaine : Les obsessions anti-immigrés de Donald Trump

(article paru sur le site TSA, le 24 février 2016)

Après sa seconde victoire dans le New Hampshire, l’ultra conservateur Donald Trump a largement remporté les primaires en Caroline du Sud, avec 32,5% des voix. Il a devancé ses principaux rivaux, Marc Rubio, pourtant sénateur de Floride et le sénateur texan Ted Cruz, conservateur évangélique affiché. Dans la grande course à l’élection présidentielle américaine qui se déroulera le 8 novembre 2016, ce milliardaire (8 à 10 milliards) de 69 ans, est le candidat le mieux placé dans les primaires du Parti Républicain.

Son programme politique connu reste parcellaire ou imprécis : remise en cause des relations commerciales avec la Chine, législation sur les armes à feu, réforme de l’administration des anciens combattants, réforme fiscale et réforme de l’immigration.

Sa politique économique tient en quelques mots : une fiscalité plus importantes pour les très riches américains (mais on ne sait pas de combien), une orientation très libérale dans la gestion des entreprises (surtout contre les « garanties sociales ») et un maître mot : le protectionnisme. Le candidat Trump s'est notamment distingué en se disant favorable à l'instauration d'une taxe de 20% sur les biens importés ainsi qu'à la mise en œuvre d'une taxation de l'ordre de 15% pour les entreprises américaines externalisant leurs activités. En 2011, Trump disait déjà qu'il taxerait à hauteur de 25% les produits chinois s'il était élu président des États-Unis, le milliardaire accusant Pékin de manipuler le taux du Yuan pour faciliter ses exportations.

Mais si les propositions du candidat à la présidence manquent aujourd’hui de précisions, Donald Trump continue à clamer très fort ses obsessions anti immigrés et anti-islamique.

Le candidat a imposé une nouvelle thématique à ces primaires : les relations des États-Unis avec l’Islam. Et en proposant une mesure radicale : l’interdiction de l’entrée du pays aux migrants musulmans !

Dans un communiqué envoyé à la presse, le magnat de l’immobilier estime que les musulmans du monde entier ont une haine envers les États-Unis : «Nous devons déterminer d'où vient cette haine et pourquoi elle existe. Jusqu'à ce que nous soyons en mesure de comprendre ce problème et la dangereuse menace qu'il représente, notre pays ne peut être victime d'horribles attaques par des gens qui ne croient qu'au djihad, et n'ont aucun sentiment de raison ou de respect pour la vie humaine.»

Pour s’assurer une totale sécurité, il préconise donc «une fermeture totale des États-Unis» aux musulmans avant que «le Congrès agisse». Pourtant, selon le site américain Quartz, Donald Trump n’a pas toujours été si véhément envers les musulmans, surtout lorsqu’il s’agissait de faire des affaires. Selon le Washington Post, ses affaires seraient florissantes avec plusieurs pays musulmans : l’Indonésie, la Turquie, le Qatar, Dubaï, les Émirats arabes unis et même l’Azerbaïdjan.

Au résultat de ces diatribes anti-musulmanes ? Un sondage commandé par NBC et le Wall Street Journal révèle que 57 % des Américains interrogés sont en désaccord avec sa proposition d'interdire aux musulmans l'accès aux États-Unis. Mais 25 % l'approuvent. Ces derniers sont majoritairement républicains.

Même le Pape François s’inquiète…

Toujours dans le registre anti-migratoire, Donald Trump a ciblé l’immigration clandestine en provenance très principalement des pays d’Amérique du Sud. Il menace ainsi d’expulser 11 millions de migrants illégaux et il prône la construction d’un mur tout le long de la frontière mexicaine, se faisant même fort de la faire financer par les autorités de ce pays voisin.. La mesure choque évidemment la communauté hispanique américaine, forte aujourd’hui de 41 millions d’hispanophones, et une dizaine de millions de bilingues : ce qui fait des Etats-Unis, le second pays hispanophone au monde, derrière le Mexique et devant l’Espagne (60 millions d’hispanophones en 2020).

Fait exceptionnel : devant l’avalanche de propositions xénophobes et anti-migrants, le pape François, argentin de naissance, a déclaré le 18 février, que « celui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétien. Ce n’est pas dans l’Évangile ». Interrogé sur l’éventuelle construction d’un mur séparant le Mexique et les États-Unis, il visait directement Donald Trump. Il est extrêmement rare qu’un chef de l’église catholique s’en prenne directement à un homme politique.

Face à la critique du pape, et pour se justifier, Trump a invoqué Daesh dans son argumentaire : « Si le Vatican était attaqué par Isis (Islamic State : Daesh), je peux vous promettre que le pape aurait souhaité et prié pour que Donald Trump soit président. Car cela ne se serait jamais produit. » le candidat en a aussi profité pour continuer à critiquer le gouvernement mexicain, soupçonné de vouloir « détruire les États-Unis », et dénoncé « l’immigration illégale, aujourd’hui si rampante »,

Pour Barack Obama, président démocrate sortant, Donald Trump ne sera pas président, « parce que les Américains savent que, président, c'est un métier sérieux ».

Le 1er mars, les primaires se déroulent dans douze états. Confirmeront-elles ou démentiront-elles ce pronostic optimiste ?

Partager cet article

Repost 0
Published by pierremorville
commenter cet article

commentaires